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Sous l’emprise de son entraîneur

Slalom
Photo courtoisie Jérémie Rénier et Noée Abita dans le film français Slalom.

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Des histoires de relations toxiques entre des athlètes et leurs entraîneurs ont souvent défrayé la chronique au cours des dernières années, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Dans son film Slalom, la cinéaste française Charlène Favier s’est penchée sur ce sujet délicat en relatant le parcours d’une jeune skieuse sous l’emprise de son entraîneur.

Slalom, c’est donc l’histoire de Lyz (Noée Abita), une adolescente de 15 ans qui vient d’être acceptée dans un programme de ski-études dans une école secondaire des Alpes. 

Encouragée par son entraîneur, Fred (Jérémie Rénier), un ancien champion qui l’a prise sous son aile, Lyz a décidé de s’investir à fond dans son sport dans l’espoir de remporter son premier championnat. Mais un soir, alors qu’ils sont seuls, Lyz se fait agresser sexuellement par Fred. Leur collaboration basculera aussitôt dans une relation complexe dans laquelle Lyz se retrouvera sous l’emprise de Fred.

La réalisatrice Charlène Favier s’est inspirée en partie de son propre parcours (elle a fait des compétitions de ski jusqu’à l’âge de 15 ans) pour écrire le scénario de ce premier long métrage. Et elle a confié le rôle principal de Slalom à Noée Abita, une jeune actrice française qu’on a vue notamment aux côtés de Théodore Pellerin et Pier-Luc Funk dans le film québécois Genèse, sorti il y a deux ans.

« J’avais déjà joué dans un court métrage de Charlène quelques années plus tôt et j’ai tout de suite eu très envie de retravailler avec elle », a indiqué Noée Abita dans une entrevue accordée par visioconférence dans le cadre des Rendez-vous du cinéma français d’Unifrance, en janvier dernier. 

« J’ai adoré son scénario, qui était très bien écrit et qui m’a beaucoup touchée. C’était aussi un gros défi pour moi, parce que je ne savais pas très bien skier. J’ai dû faire une préparation physique pour que mon corps ressemble à celui d’une skieuse. J’ai aussi suivi des cours de ski aussi pour m’immerger dans cet univers. C’était une expérience très intéressante. »

Mouvement #MeToo

L’intrigue de Slalom fait écho à plusieurs histoires vécues, dont celle de l’ancienne patineuse française, Sarah Abitbol, qui a révélé l’an passé avoir été agressée sexuellement par son ancien entraîneur à l’âge de 15 ans. Au Québec, on peut aussi tracer des parallèles avec le cas très médiatisé de l’ex-entraîneur Bertrand Charest, qui a été accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs jeunes skieuses de l’équipe canadienne junior.

Noée Abita explique toutefois que Charlène Favier a commencé à écrire le scénario de son film bien avant la vague de dénonciations du mouvement #MeToo, qui a incité plusieurs sportifs à dénoncer leurs agresseurs.

« Quand on a commencé à travailler sur le film, le problème des abus sexuels dans le milieu du sport n’avait pas encore été tant abordé dans les médias », souligne l’actrice parisienne de 21 ans. 

« Cela dit, je mentirais si je prétendais qu’on n’a pas abordé cette question avec Charlène. Depuis le mouvement #MeToo, tout le monde est au courant qu’il y a des histoires comme celle-là dans le milieu du sport. Mais je n’avais pas du tout envie de me plonger dans tous les faits divers et les histoires impliquant telle ou telle personne. Ça ne m’intéressait pas. Je voulais surtout me concentrer sur l’histoire de notre film, sur ce personnage et sur ce qu’il allait vivre. »


Le film Slalom, à l’affiche depuis le 12 mars.