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Comme d’habitude

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Mars 2020. Morne était la planète Terre. Par un corps étrange et insaisissable, des vies asphyxiées. Un virus « couronné », aux origines énigmatiques, qui n’en finissait pas de bâtir son siège comme pour anéantir l’humanité, était à l’œuvre.

Des secteurs entiers d’activités humaines étaient à l’arrêt. Des centaines de millions d’individus à travers la planète se retrouvèrent sans emploi. 

Telle une bombe à fragmentation, le virus frappa, fauchant au passage des humains par dizaines, par centaines, par milliers, puis par millions...

À l’abri, le faciès masqué, dans un brouillard apocalyptique, l’humanité prit alors conscience de son extrême vulnérabilité. Elle chercha en vain la véritable origine du mal qui la frappait aussi brutalement. 

Nonobstant, au fil du temps suspendu, des confinements et des introspections, de résolutions en résolutions, collectives et individuelles, l’humanité se dit alors : « Plus jamais ça ! » 

Il fallait transformer cette crise en opportunité. 

Chacun y alla alors, à qui mieux mieux, de son credo, pinceau à la main, pour dessiner les contours et les contenus d’un monde post-COVID.

La résolution des résolutions

À travers l’ensemble des médias, légion étaient celles et ceux qui revenaient systématiquement sur l’urgence de la protection de l’environnement... Pour notre salut et celui des prochaines générations.

Vu la prise de conscience planétaire sans précédent, il était opportun et urgent de passer radicalement à l’action pour sauver l’environnement et les habitants de cette Terre.

Il fallait de toute urgence appliquer des mesures concrètes pour enrayer et maîtriser l’impact négatif des activités humaines sur terre. Ils avaient raison. 

Mais cette résolution collective n’aura malheureusement pas fait long feu. Dès l’apparition d’une petite lueur au bout du tunnel, en guise de vaccin salvateur, la belle et universelle prise de conscience commença à fondre comme neige au soleil.

Certes, l’humanité n’a pas toujours versé dans la persévérance avec ses résolutions. L’Histoire l’a démontré à maintes reprises. Le plus souvent, une fois le calvaire passé, les résolutions étaient reléguées aux oubliettes.

Tous domaines d’activités confondus, les vieilles postures commencèrent alors à reprendre le dessus. La nature (humaine) retrouva progressivement son chemin...

Gabu 

Gabu, autochtone d’Afrique du Sud, est un des personnages du magnifique roman de Lucie Pagé, Marie-Lumière, il pose de bonnes questions...

« Dis-moi, qu’est-ce que ça donne de savoir lire et écrire quand on détruit son environnement, celui qui assure sa survie ? Qu’est-ce que ça donne d’avoir des diplômes en économie si on ne comprend pas d’abord le langage de la Terre Mère ? 

L’être humain a perdu son chemin. Il vénère une fausse vérité basée sur des chiffres et des bourses qui n’ont aucun rapport avec la réalité. 

C’est parce que l’homme a perdu de vue la frontière entre le besoin et le désir. 

Le désir, contrairement au besoin, est inassouvissable et insatiable. 

Je demeure dans une hutte de trois mètres de diamètre et j’ai tout ce qu’il me faut pour vivre. Sauf la nourriture parce qu’on a trop détruit la nature. »

À méditer. 

Pour enfin rompre l’habitude.