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Dépressions majeures, pensées suicidaires: les artistes vont mal

salle Diamant
Photo d'archives Simon Clark

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La pandémie a des effets dévastateurs sur la santé mentale des artisans du milieu culturel. Dépressions majeures, pensées suicidaires: les résultats d’un sondage inédit mené par sept associations culturelles a été dévoilé lundi, rapportant au passage 30 000 pertes d'emploi dans le secteur de la culture dans la dernière année.

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Des associations comme l’Union des artistes (UDA), la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) et l’Association professionnelle des arts de la scène (APASQ), qui représentent 20 000 travailleurs, ont sondé 2117 de leurs membres entre le 15 décembre 2020 au 31 janvier 2021 pour dresser un portrait de la situation économique et psychologique des artisans du milieu culturel.  

Rassemblées par la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC), les données sont alarmantes : 11,7 % des membres sondés ont eu des pensées suicidaires dans la dernière année, plus de 43 % présentent des symptômes de dépression majeure et plus de 41 % ont considéré abandonner leur carrière. Plus de 63 % disent vivre un niveau de détresse psychologique élevé ou très élevé.

  • Écoutez la metteuse en scène et interprète Alix Dufresne sur la réalité des artistes plus d’un après le début de la pandémie

La présidente de l’UDA, Sophie Prégent, rapporte que le pourcentage d’artistes ayant eu des idées noires est encore plus élevé au sein de son regroupement. «À l’Union des artistes, on est à 14,8 %. Si on compare à la population en général, qui est à peu près autour de 7 % en temps normal, c’est énorme. Quand j’ai vu ça, j’ai eu un gros vertige», a-t-elle confié au Journal, affirmant du même souffle que «l’isolement est le pire ennemi des artistes en ce moment.»

Elle déplore également un manque de ressources pour le soutien psychologique. «On n’a pas l’expertise qu’on pourrait aller chercher pour l’instant. C’est ça qui me fait le plus peur», a-t-elle dit.

«La crise économique et psychologique qui accable le secteur culturel ne peut plus durer, a pour sa part affirmé Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture, dans un communiqué lundi. Le portrait présenté par nos membres est choquant et doit servir de son de cloche pour démarrer une action concertée afin de les soutenir.»    

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture, sur QUB radio:    

Besoin de réformes

D’une même voix, les sept associations implorent le gouvernement, entre autres, d’injecter des sommes pour des programmes de soutien en santé mentale, et de réformer les deux lois sur le statut de l’artiste, qui ne cadrent plus avec la réalité des artistes qui sont, pour la plupart, des travailleurs autonomes.

Selon Sophie Prégent, la pandémie n’a fait qu’exacerber des problèmes déjà présents depuis longtemps dans le milieu culturel. «Il faut améliorer les conditions socio-économiques des artistes, a plaidé la présidente de l’UDA. Ils n'ont aucun filet social.»

La présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent, est très inquiète.
Photo d’archives, Ben Pelosse
La présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent, est très inquiète.

Parmi les mesures qui ont aidé les artistes durant la pandémie, elle souligne la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), qui a fourni une aide financière aux salariés et aux travailleurs indépendants canadiens qui n’ont pas droit aux prestations d’assurance-emploi.

Sophie Prégent suggère que le gouvernement rende cette mesure pérenne. «Il y a là un modèle à étudier, pas juste pour les artistes, mais pour les travailleurs autonomes, qui représentent, en passant, 60 % des travailleurs au Canada. Il faut trouver une mesure qui soit pérenne et qui s’apparente à un filet social», dit-elle.

Réaction du gouvernement

Le ministère de la Culture et des Communications a réagi au rapport, lundi, dans un courriel transmis au Journal par l'attaché de presse de la ministre Nathalie Roy, Louis-Julien Dufresne.

«Nous sommes évidemment conscients que la situation du milieu culturel est critique, en raison de la pandémie, et nous sommes de tout cœur avec nos artistes et nos travailleurs culturels, a-t-il écrit. En mai dernier, notre gouvernement a annoncé 31 M$ pour rehausser l’accès aux services en santé mentale. D’ailleurs, la ministre Roy a octroyé des aides ponctuelles aux associations et regroupements culturels pour venir en aide à leurs membres à ce niveau».

Le ministère de la Culture «finalise actuellement une campagne promotionnelle afin d’en afin d’encourager les Québécois à consommer des produits culturels québécois et à retourner en salles dès que la situation le permettra.»

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

Ligne québécoise de prévention du suicide  

  • www.aqps.info  
  • 1-866 APPELLE (277-3553)                    

Jeunesse, J’écoute  

Tel-jeunes  

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