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«Génocide» des Ouïgours: des représailles contre le Canada?

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L’ambassadeur chinois à Ottawa brandit la menace de représailles à l’endroit du Canada, lundi, après que la Chambre des Communes ait adopté une motion déclarant que la Chine commet un génocide.

«Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre intérêt national est offensé», a lancé l’ambassadeur Cong Peiwu lors d’une entrevue à TVA Nouvelles.

«Nous prendrons des mesures fermes afin de protéger les intérêts et notre dignité nationale», a-t-il ajouté sans préciser quelles pourraient être ces mesures.

La Chambre des Communes a adopté à l’unanimité le 22 février dernier une motion affirmant que la Chine commet un «génocide» contre les Ouïgours et d’autres musulmans.

«Il n’y a pas de génocide au Xinjiang», a affirmé l’ambassadeur Cong, selon qui la Chine mène plutôt une lutte contre le terrorisme et le séparatisme dans la région.

«Je demanderais aux gens d’ici de respecter les faits et de ne pas répandre ces accusations sans fondement contre la Chine», dit-il.

Le torchon brûle entre Ottawa et Pékin depuis l’arrestation au Canada de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou en décembre 2018.

Mme Meng a été arrêtée à Vancouver à la demande des États-Unis, qui l’accusent de fraude bancaire dans le but de contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

«Elle n’a enfreint aucune loi canadienne», a plaidé l’ambassadeur, sommant à nouveau le Canada de laisser Mme Meng retourner en Chine.

Un procès bientôt pour les deux Michaels?

Hu Xijin, rédacteur en chef du «Global Times», un journal officiel du parti communiste chinois, a écrit la semaine dernière qu’un procès devrait s’ouvrir bientôt pour les deux Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor.

«Ça serait un développement très important parce que ça compliquerait les choses pour essayer de les faire libérer», a affirmé Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur du Canada à Pékin.

L’ambassadeur de Chine a dit ne pas être en mesure de confirmer l’information publiée par le «Global Times».

La Chine soutient que l’arrestation des deux hommes n’a rien à voir avec le cas de Meng Wanzhou, mais le premier ministre Justin Trudeau s’est récemment dit persuadé du contraire.

«C’est très clair que les deux Michaels ont été arrêtés sur des prétextes de sécurité nationale inventés, quelques jours après qu’on ait rempli nos responsabilités selon notre traité d’extradition avec les États-Unis», a déclaré Justin Trudeau.