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Très difficile de dénoncer l’agressivité verbale

Une victime de violence conjugale craint pour sa sécurité et celle de son enfant

violence conjugale
Photo Chantal Poirier Camille (nom fictif), une jeune femme dans la trentaine, veut dénoncer le comportement de son ex-conjoint violent, qui l’a menacée violemment, à plusieurs reprises. Elle brise le silence pour dénoncer la difficulté de porter plainte pour violence verbale.

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Une victime de violence conjugale qui craint pour sa sécurité et celle de son enfant lance un cri du cœur, elle qui ne parvient pas à dénoncer son ex-conjoint par manque de preuves tangibles. 

« On dirait que la solution, c’est qu’il en vienne à de la violence physique. Tant qu’il n’y en a pas, on ne peut rien faire, soupire Camille (nom fictif), à l’autre bout de la ligne. J’ai fini par arrêter de demander la garde de mon enfant, parce que j’ai trop peur. Il peut me le faire regretter. » Elle a demandé à conserver l’anonymat par crainte des représailles. 

Rage et marteau

Insultes constantes, cris de rage à quelques centimètres du visage, menaces et dénigrement : après plusieurs années à subir toutes sortes de violences verbales et psychologiques, la jeune trentenaire a trouvé le courage de quitter son bourreau il y a près d’un an. 

« Je ne pouvais pas imaginer qu’il allait exploser comme ça. Si j’avais su, j’aurais pris des précautions. Il a saccagé ma maison. Puis, il est revenu avec un marteau dans les mains », se rappelle-t-elle, encore ébranlée par l’épisode traumatique. 

Même s’il ne s’en est pas pris à elle physiquement, elle s’inquiète pour la sécurité de leur enfant, en garde partagée. Elle craint aussi qu’il s’en prenne à elle à nouveau, ou à sa prochaine conjointe.

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Pas de preuves

Pourtant, lorsqu’elle est finalement parvenue à composer le 911 pour déposer sa plainte, le mois passé, on lui a répondu qu’il y avait peu de chances qu’elle soit retenue, par manque de preuves tangibles.

« Il faut faire quelque chose, il faut écouter les victimes quand elles osent parler. Ce qu’on essaye de faire, c’est de la prévention, et on n’est pas capables parce qu’il n’a pas encore frappé. Mais s’il m’avait frappée avec son marteau, il ne m’aurait pas fait juste un bleu », déplore-t-elle. 

Puisque la violence conjugale n’est pas inscrite dans le Code criminel, il est en effet plus difficile pour les victimes de violence psychologique de cheminer dans le système de justice, explique Mathilde Trou, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Contrôle coercitif

Heureusement, un projet de loi a été déposé récemment pour intégrer le concept de contrôle coercitif – qui englobe toutes les stratégies d’un agresseur pour brimer sa victime – au Code criminel canadien.

« On n’est pas encore là, mais on voit qu’il y a une certaine évolution en justice pour que la violence conjugale ne soit pas juste réduite à la violence physique », dit-elle. 

D’ici là, l’intervenante conseille aux victimes d’appeler dans une ressource d’hébergement pour obtenir de l’aide.

« Si une femme commence à avoir peur, c’est vraiment un signal d’alarme qui est très important. Une intervenante pourra l’accompagner, en l’aidant à compiler tous les actes de violence qu’il y a eu », conclut-elle. 

Si vous avez besoin d’aide  

SOS Violence conjuguale

sosviolenceconjugale.ca

1-800-363-9010

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