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Une Québécoise enfermée dans une grotte durant 40 jours

Elle vivra avec 14 personnes sans téléphone, sans montre et sans lumière naturelle

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Photo courtoisie, Marina Lançon La Québécoise Marina Lançon s’est prise en photo devant la grotte de Lombrives, dans le sud-ouest de la France, où elle vit pour 40 jours, dans le cadre d’une mission scientifique.

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Une Québécoise et 14 autres aventuriers vivent enfermés dans une grotte en France et coupés du monde extérieur pour 40 jours dans le cadre d’une mission scientifique. 

Pas de téléphone, pas de montre et aucune lumière naturelle. Voilà les conditions dans lesquelles vit désormais la Québécoise Marina Lançon depuis dimanche. Elle fait partie d’un groupe de sept femmes et huit hommes qui participent à la mission Deep Time, en France. 

Ces aventuriers, âgés de 27 à 50 ans, ont accepté volontairement de s’isoler hors du temps dans la grotte de Lombrives, en Ariège, dans le sud-ouest de la France. 

« J’ai 33 ans. Je suis guide en tourisme d’aventure, enseignante en tourisme et j’habite au Québec. Voilà, je suis l’anomalie [du groupe] », affirme en ricanant Mme Lançon durant une conférence de presse, qui s’est déroulée quelques heures avant de descendre dans la grotte, dimanche.  

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Courtoisie Marina Lançon Deep Time

« Elle est la seule Québécoise de l’équipe. Tous les autres sont Français. Même moi, je l’ai découvert durant la conférence en entendant son accent », mentionne au Journal l’attachée de presse de Deep Time, Coralie Jugan. 

Le chef de la mission, Christian Clot, explique que le but de l’expérience est de comprendre la perte de repères temporels chez l’humain. Une idée née des grands confinements de la pandémie.

« On n’aura aucune information temporelle. Personne ne saura quand les 40 jours d’isolement prendront fin. Ce sont des spécialistes qui vont rentrer dans la grotte nous avertir », précise M. Clot.

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Photo courtoisie, Deep Time

Conditions extrêmes

Mme Lançon a quitté temporairement son employeur à Montréal pour cette aventure. Elle travaille depuis plus de 10 ans comme guide pour l’entreprise Karavaniers. 

« Marina est faite dure, lance le fondateur de Karavaniers, Richard Remy. On a regardé les autres qui participent à la mission. À mon avis, c’est celle qui a le plus d’expérience et elle va être la leader de la gang. »

« Elle a déjà fait du camping dans des tempêtes en Antarctique. Elle a guidé dans l’Himalaya et le Groenland. Elle est tout le temps de bonne humeur et a une excellente forme physique », ajoute-t-il. 

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Courtoisie Marina Lançon Deep Time

Parmi les participants, on retrouve un biologiste, un médecin, un professeur de mathématiques et même une bijoutière. 

« C’est important d’être en forme pour la mission, assure Mme Jugan. Sans oublier qu’ils vont devoir s’habituer aux 12 degrés [Celsius] et à 95 % d’humidité de la grotte. »

Suivis par 10 scientifiques

Les participants devront aussi créer leur électricité avec un système de pédalo et puiser de l’eau à 45 mètres de profondeur. Tous les volontaires seront équipés de capteurs qui permettent à une dizaine de scientifiques de les suivre à la surface de la terre. 

Les aventuriers ne recevront aucune indemnisation pour participer à cette mission aux conditions difficiles. Un financement d’environ 1,7 million $ (1,2 million d’euros) a d’ailleurs été nécessaire pour créer le projet Deep Time.