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Une voiture plus puissante en Ontario

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Photo d'archives Le premier ministre ontarien Doug Ford lors d’une conférence de presse sur la pandémie le 12 janvier dernier.

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L’Ontario vient de lancer un défi au Québec, et un vrai. Le premier ministre Doug Ford vient d’annoncer que sa province sera bientôt prête à vacciner 150 000 personnes par jour. 

Actuellement, le Québec vaccine 30 000 personnes quotidiennement et affirme vouloir doubler cette cadence. Mais même à 60 000 personnes par jour, si on y parvient, on sera très loin du rythme ontarien.

Où est-elle notre voiture neuve ?

Le ministre de la Santé affirmait il y a quelque temps qu’on avait une belle voiture neuve, prête à rouler, qu’il ne manquait que l’essence. 

On le sait, l’essence s’en vient. Ce sont des millions de doses de vaccins que nous recevrons très prochainement d’Ottawa. 

Mais ce qui m’interpelle actuellement, ce n’est pas que la voiture manque d’essence, mais plutôt de puissance.  

Depuis quelques jours, la plateforme de prise de rendez-vous Clic Santé connaît des ratés. 

Et si au mieux, on peut seulement vacciner 60 000 Québécois par jour, je comprends que l’Ontario s’est doté d’une plus grosse cylindrée que nous.

La capacité de vaccination passe par le nombre de bras disponibles pour injecter le vaccin. 

Il ne faut pas se contenter des médecins, des infirmières et des pharmaciens. 

Il faut faire appel à TOUS les spécialistes disponibles. 

Dentistes, vétérinaires, ambulanciers, étudiants en médecine et les cliniques de voyageurs. 

Ils sont nombreux à avoir levé la main. Les avons-nous rappelés pour qu’ils soient prêts ? Les vaccins vont finalement arriver plus vite que prévu, il faut rattraper le temps perdu.

La course contre la montre

Sur l’autoroute de la vaccination, l’Ontario va nous perdre de vue et s’échapper loin devant nous si ses prétentions se confirment. 

Comme le Québec a le pire bilan des décès au Canada, je me serais attendue à ce que ce soit notre province qui sente le plus l’urgence de mettre en place une armée de vaccination. Il ne faudrait pas se faire dépasser.

Les Québécois ont fait beaucoup d’efforts depuis le début de cette pandémie. 

Commerces fermés, couvre-feu, confinement, les Québécois ont tout sacrifié pour freiner la course du virus. Ils méritent que leurs gouvernements fassent autant d’efforts qu’eux.  

La relâche scolaire est terminée depuis une semaine, c’est donc une question de jours avant de pouvoir confirmer l’impact qu’elle aura eu sur la transmission de la COVID-19, mais surtout de ses variants.  

Jusqu’à maintenant, malgré une légère remontée du nombre de cas, il n’y a pas panique en la demeure au Québec, mais un simple regard vers l’Italie nous démontre que nous avons toujours une épée de Damoclès qui nous pend au-dessus de la tête.

Et si on se fie aux récentes données, la situation sanitaire de nos voisins ontariens n’est pas plus rassurante, elle est repartie en vrille, d’où l’urgence de vacciner rapidement pour éviter cette troisième vague.

Il n’y a aucune raison pour que l’Ontario soit capable de mettre sur la table un plan de vaccination plus rapide que le nôtre. 

Et s’il faut que le ministre Christian Dubé change sa voiture pour un modèle ontarien plus performant, personne ne lui en tiendra rigueur. Le plus important, c’est d’atteindre le fil d’arrivée en vaccinant le plus vite possible.