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Bisbille au conseil municipal de Terrebonne: un élu visé par plusieurs plaintes

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Le conseiller municipal de Terrebonne que l'équipe du maire tente de pousser à la retraite fait maintenant l'objet d'une demande d'enquête auprès de l'UPAC et de quatre plaintes déposées auprès de la Commission municipale du Québec (CMQ).

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Quatre conseillers municipaux, membres de l'équipe du maire Marc-André Plante, Dany St-Pierre, Éric Fortin, Nathalie Bellavance et Brigitte Villeneuve, ont porté plainte pour intimidation contre leur collègue Réal Leclerc. Les conseillers disent faire l'objet de menaces voilées et de fausses rumeurs sur leur honnêteté politique.

Les plaintes, dont l’Agence QMI a eu copie, ont été déposées vendredi dernier à la CMQ et à l'UPAC.

Les conseillers reprochent à M. Leclerc de ne pas avoir tout dit à l’UPAC dans une déclaration qu’il a faite en 2016 dans le cadre d’une enquête de corruption à Terrebonne. Ils soutiennent notamment que Réal Leclerc n’a pas dit à l’UPAC en 2016 qu’il ne s’était pas abstenu de voter lorsque le conseil municipal a octroyé des contrats en faveur de l’entrepreneur Normand Trudel à qui il avait emprunté de l’argent en 2005. Normand Trudel a été arrêté dans le cadre de l’enquête de l’UPAC et a par la suite été trouvé coupable de corruption en lien avec des contrats obtenus de la Ville de Mascouche.

Les quatre conseillers déplorent par ailleurs que Réal Leclerc n’ait pas déclaré à la Ville le prêt de 15 000 $ qu’il avait obtenu de Normand Trudel.

Ce n’est qu’en novembre dernier que le conseil municipal a été mis au courant de l’existence de ce prêt. C’est en novembre également que Réal Leclerc a dit aux autres élus de Terrebonne avoir remboursé l'entrepreneur Normand Trudel quelques mois après l'emprunt en 2005.

«L’attitude et les agissements de Réal Leclerc n’ont pas leur place en politique. Il a menti à la population et aux autorités en ne déclarant pas son prêt et nous a menacés après que nous ayons voulu l’expulser. En tant que policier, je me dois de le dénoncer et je fais confiance aux instances pour intervenir rapidement», a dit Dany St-Pierre, par communiqué, l'un des quatre conseillers municipaux ayant porté plainte contre M. Leclerc.

25 contrats

L’équipe du maire Plante, qui a expulsé Réal Leclerc de ses rangs au début du présent mois, accuse Réal Leclerc d’avoir voté et/ou proposé plus de 25 résolutions au conseil municipal, entre 2005 et 2011, correspondant à l’attribution d’un total de plus de 26 millions $ en contrats à son bailleur de fonds.

À titre d'exemple, M. Leclerc a proposé la résolution 575-09-2007 lors de la séance du conseil municipal en septembre 2007, afin que soit accordé un contrat de près de 900 000 $ à la compagnie de M. Trudel Transport et Excavation Mascouche pour l’aménagement partiel d’un parc.

Joint par l'Agence QMI, Réal Leclerc a dit qu'il avait proposé ces résolutions lors des conseils municipaux, mais que tous les contrats avaient été décidés à l'avance. «Vous savez comment ça marche un conseil municipal ? Tout est décidé d'avance», a lancé M. Leclerc.

C'est à l’automne dernier, après une publication postale envoyée par l'opposition à tous les citoyens de Terrebonne, que l'équipe du maire Marc-André Plante s'est penchée plus attentivement sur les résolutions du conseiller Leclerc.

À la suite de l'enquête interne menée par la Ville de Terrebonne, la situation s'est envenimée avec le conseiller Leclerc. Le climat a dégénéré lorsque ce dernier a été confronté par ses pairs.

Les plaintes à la CMQ et la demande d’enquête sont le plus récent développement dans cette saga.

Quelques jours avant le dépôt de ces plaintes, la semaine dernière, M. Leclerc avait révélé, extraits vidéo à l'appui, qu’Alain De Choinière, chef de cabinet du maire de Terrebonne, lui a suggéré de prendre sa retraite et de ne pas se présenter aux prochaines élections pour l'équipe du maire en échange de quoi la Ville lui remettrait sans embûches des allocations de transition totalisant 160 000 $.

Après cette sortie, le chef de cabinet et le maire ont expliqué la décision d’agir ainsi en raison de voyages de pêche et d'un prêt personnel consentis à M. Leclerc par des fournisseurs de la Ville.

Alain De Choinière demande que les deux heures d'enregistrements soient rendues publiques. Il compte démontrer qu'il n'a jamais tenté d'intimider Réal Leclerc, ce dont ce dernier l’accuse. Il spécifie qu'il a même pris la peine de dire à M. Leclerc qu’il pourrait se représenter en politique, mais pas dans le parti du maire.

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