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Charge finale contre les services carcéraux

L’ex-hockeyeur leur réclame 3,2 millions $ pour négligence

Dannick Lessard
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

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Le service correctionnel a échoué dans sa mission de protéger le public en libérant un dangereux criminel qui a ensuite criblé de balles un ex-hockeyeur, a plaidé l’avocat de ce dernier en réclamant 3,2 M$ à l’État.

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« Dannick Lessard a payé pour les péchés de Service correctionnel Canada, c’est une victime innocente », a lancé Me Karim Renno, mardi, au palais de justice de Montréal.

C’est que Dannick Lessard, un ex-hockeyeur de la Ligue nord-américaine de hockey, ne comprend toujours pas comment les services carcéraux ont pu libérer le criminel Ryan Wolfson en 2012. 

Ce dernier, qui n’avait aucun plan de sortie, s’est enfui de sa maison de transition et s’est lancé dans une virée meurtrière, commettant un meurtre et plusieurs tentatives de meurtre, dont une sur M. Lessard qui a été atteint de neuf projectiles. Il a survécu, mais souffre de séquelles permanentes qui l’empêchent de travailler. Wolfson, de son côté, purge une peine de prison à vie.

Selon la théorie de M. Lessard, il a été ciblé parce que quelques années auparavant, il avait refusé d’aider un dangereux criminel à se trouver un alibi dans une affaire de meurtre dans un bar, alors qu’il était portier. 

« Parce qu’il a fait ce que le système lui a demandé de faire, son lot quotidien est maintenant d’être drogué [aux antidouleurs] », a plaidé Me Renno.

Libération d’office

Pour M. Lessard, si Wolfson a pu s’en prendre à lui, c’est à cause des services correctionnels qui ont mal évalué sa dangerosité. Car au moment de la libération d’office du criminel, aux deux tiers de sa peine, aucun agent n’a voulu recommander le maintien en détention.

Dans ses plaidoiries finales mardi, Me Renno a rappelé que Wolfson en était alors à sa troisième sentence d’envergure, cumulait les infractions parfois violentes au pénitencier, et semblait incapable de suivre les règles. 

Les rares fois où Wolfson a été placé dans un pénitencier à sécurité moyenne, il n’y est resté que quelques mois avant de retourner dans un établissement à sécurité maximale. Il a même déjà été placé dans le « supermax », réservé aux plus dangereux criminels du pays.

« Son historique criminel est sidérant, et à la seconde où il reprend sa liberté, il va immédiatement commettre de nouveaux crimes », a ensuite plaidé l’avocat.

Lors du procès civil, la semaine dernière, plusieurs agentes étaient venues témoigner, dont celles qui avaient rédigé le rapport qui ne recommandait pas le maintien en détention de Wolfson. 

On veut des actions

Elles s’étaient alors défendues, expliquant que le criminel avait montré une certaine ouverture à suivre des programmes ou rencontrer des psychologues.

Or, a plaidé Me Renno en citant un expert, les progrès ne se mesurent pas à coups de volonté, mais plutôt par les actes posés par le délinquant. Et pire encore, aucune d’entre elles n’a semblé surprise par le fait que Wolfson avait récidivé, après s’être enfui de sa maison de transition.

« Elles n’ont même pas feint la surprise, a dit l’avocat. J’accepte que leur travail n’est pas facile, qu’elles font de leur mieux, mais pas qu’elles n’ont pas vu venir cette tragédie. La mission première des services carcéraux, c’est de protéger le public. Tout le monde a perdu ça de vue. » 

Quant à la maison de transition, M. Lessard lui reproche de n’avoir pratiquement rien fait pour retrouver Wolfson après sa fuite. Au plus, ils ont contacté quelques personnes, dont la mère du criminel et son professeur d’arts martiaux.

Les services carcéraux, qui nient toute faute, entameront leurs plaidoiries mercredi, devant le juge Bernard Jolin de la Cour supérieure du Québec.

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