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Des terrains déjà réservés malgré la controverse du REM

La phase 2 du projet fait craindre pour son impact visuel au centre-ville de Montréal

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Le nouveau train de la Caisse de dépôt est lancé à grande vitesse malgré la controverse. Trois mois après l’annonce de la construction d’une antenne du REM dans l’est de Montréal, Québec réserve déjà 14 terrains privés qui pourraient s’avérer nécessaires.

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Le ministre des Transports du Québec (MTQ) a fait publier la plupart des avis lundi dernier. Ils concernent des lots situés entre le quartier chinois et les pointes des deux nouvelles antennes prévues à Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.

« Comme c’est la norme dans les grands projets d’infrastructures, le dépôt d’avis de réserve foncière se fait rapidement et avec diligence, afin de protéger l’intérêt public et limiter la spéculation foncière [...] et des impacts notables sur les coûts du projet », écrit Emmanuelle Rouillard-Moreau, porte-parole de CDPQ-Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec responsable du Réseau express métropolitain (REM).

La phase 2 proposée par la Caisse de dépôt, vers Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.
Photo courtoisie
La phase 2 proposée par la Caisse de dépôt, vers Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.

René-Lévesque et Sherbrooke

Elle ajoute que les terrains visés ne seront peut-être pas tous requis. CDPQ-Infra dit vouloir maximiser l’utilisation des emprises publiques existantes, surtout au centre des voies sur le boulevard René-Lévesque et la rue Sherbrooke.

Les avis de réserve interdisent pour deux ans toute construction ou amélioration sur les lots et les immeubles concernés. À terme, la Caisse pourrait devoir acquérir une soixantaine de terrains.

Même si le REM de l’est doit être construit au-dessus des voies, Québec a réservé quelques terrains qui longent René-Lévesque et Sherbrooke. La Caisse n’a pas expliqué pourquoi, mais ils accueilleront vraisemblablement les structures menant aux gares en hauteur.

Dans l’ouest de l’île de Montréal, la construction des immenses structures aériennes du Réseau express métropolitain est déjà bien amorcée.
Photo d’archives, Jean-Louis Fortin
Dans l’ouest de l’île de Montréal, la construction des immenses structures aériennes du Réseau express métropolitain est déjà bien amorcée.

Certains lots réservés sont situés relativement loin du tracé communiqué en décembre. CDPQ-Infra lorgne par exemple l’accès à un terrain de la Compagnie pétrolière Impériale Ltée. Loin au sud-est du tracé, il borde la rue Notre-Dame, et non la rue Sherbrooke, où doit rouler le REM.

Par ailleurs, la Caisse convoite le terrain que l’entreprise Ray-Mont Logistiques a déjà décontaminé pour en faire un site de transbordement de marchandises entre les trains et les bateaux du port de Montréal.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

« Foncer dans le tas »

Depuis l’annonce du REM de l’est en décembre, le projet de CDPQ-Infra est vertement critiqué pour ses structures aériennes qui doivent traverser le centre-ville et plusieurs quartiers densément peuplés.

La députée Ruba Ghazal, de Québec solidaire, s’oppose au projet tel que présenté. Pour elle, l’enregistrement rapide d’avis de réserve est typique de la façon dont la Caisse planifie ses projets de trains à Montréal.

« C’est un peu la marque de commerce de CDPQ-Infra : foncer dans le tas et y aller rapidement, dit-elle. Surtout que le gouvernement de M. Legault lui laisse totalement le champ libre pour faire ses projets, sans faire les consultations qui doivent être faites. »


Il y a deux semaines, notre Bureau d’enquête révélait que les deux firmes d’architectes embauchées pour la signature visuelle du REM de l’est ont démissionné, craignant son impact visuel.