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Fête nationale: va-t-on se reprendre cet été ?

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On entend souvent que la lutte contre la COVID a miné le « vivre-ensemble ».

Masques, visières, interdictions de câlins, de bisous, de visites, de sorties, etc. Les gestes « barrières », aussi nécessaires et justifiés soient-ils, sont bien nommés : ils font obstacle à une socialité normale.

Notre société vit depuis un an par écrans interposés. Ça mine inévitablement la « nation », pour reprendre un vocable cher à François Legault (ce dont on se réjouit).

Oubli du drapeau

Dès après la fête nationale 2020, c’est la réflexion que je me faisais. Un spectacle sans public, filmé à Trois-Rivières et retransmis de là. De belle tenue, dans un environnement superbe, mais où l’on avait malencontreusement oublié le drapeau de la nation qu’on fêtait !

Cela ne gâchait certes pas entièrement la prestation, mais on ne pouvait tout de même pas passer sous silence cette absence inexcusable.

Évidemment, on était bien loin des grands moments de « communion » : le spectacle sur la montagne, à Montréal, de 1975, organisé et animé par Lise Payette. (Qu’on y soit allé ou non, cet événement est devenu légendaire, fondateur.)

Que dire de la fête nationale de 1990, avec ses concerts dans la capitale et dans la métropole ; le discours patriotique de Jean Duceppe. Les mers de fleurdelysés du grand défilé annuel à Montréal, qui devinrent des habitudes.

Craintes

Pourra-t-on se reprendre (un peu) en 2021 ? Que nous permettra la COVID dans trois mois ?

Nul ne peut le dire avec certitude, surtout quand on voit une troisième vague déferler sur l’Europe.

Nos campagnes de vaccination font de belles avancées (pharmacies), mais semblent plombées immédiatement par l’incertitude (pause AstraZeneca dans plus de dix pays !).

D’ailleurs, on s’en inquiète dans les milieux qui organisent la fête. Tous conviennent que malgré les progrès de la vaccination, il sera impossible de réunir de grandes foules à l’extérieur. Évidemment.

Ce qui fait tiquer, c’est cette volonté de la ministre de la Culture Nathalie Roy de reprendre la formule improvisée de 2020 pour la rendre permanente.

Au Journal, en décembre, elle confiait avoir « beaucoup aimé, en 2020, le fait qu’on soit sortis de Montréal et Québec et qu’on soit allés en région. La fête nationale des Québécois, c’est la fête du Québec en entier. Et cette formule d’aller en région, on va la reprendre cette année », avait déclaré Mme Roy.

Hier, à son cabinet, on disait garder le cap sur cette formule « régionalisée ».

Provincialisme

Mais est-ce à la ministre de fixer la formule ? N’est-ce pas court-circuiter le Comité de la fête nationale ? N’a-t-il pas été créé justement pour « dégouvernementaliser » l’affaire ? Ensuite, pourquoi bouder désormais la métropole et la capitale ?

La formule établie depuis 1990, c’est justement la retransmission des spectacles dans ces deux pôles du Québec. Certes, être dispensé d’avoir à rassembler une foule permet de « téléfêter », un peu comme on télétravaille désormais.

N’empêche, un grand spectacle à Montréal s’impose ; cette « région » où la moitié de la population du Québec se trouve ; où nombre de « batailles » pour l’identité incertaine du Québec se jouent.

Il devrait être possible d’inclure les régions dans la « téléfête », tout en évitant de la provincialiser entièrement (au sens de régionaliser).