/sports/huntfish
Navigation

La fermeture d’une pisciculture publique inquiète dans les Laurentides

La fermeture d’une pisciculture publique inquiète dans les Laurentides
Capture d'écran, Station piscicole de Lac-aux-Écorces

Coup d'oeil sur cet article

L’avenir d’une pisciculture publique dans les Laurentides est menacé, ce qui inquiète les pourvoyeurs et les citoyens qui ensemencent gratuitement les rivières et les lacs publics.

«Si ça ferme, on s’expose à un fiasco touristique», laisse tomber André Benoît, président de l’association des pourvoyeurs des Laurentides, en entrevue avec Le Journal.

La station piscicole de Lac-des-Écorces, située au sud de Mont-Laurier dans les Laurentides, date de 1972. Pour la maintenir en service, elle aurait besoin de rénovations majeures. Selon les autorités locales, il en coûterait près de 8M$ pour lui redonner un second souffle.

Son utilité: fournir des poissons aux lacs et rivières de la région, où la pression de la pêche est trop forte pour se fier à dame nature. Mais le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs trouve le projet trop coûteux.

Réparations

«Les installations arrivent à la fin de leur vie utile. Des investissements très importants seraient requis à court terme», indique le porte-parole du ministère Daniel Labonté.

Québec va donc «mettre fin aux opérations». Pour les gens de la région, ça pose plusieurs problèmes. Le premier, c’est l’accès aux poissons à un coût abordable. Les pourvoyeurs comme M. Benoît prévoient que les organismes qui font de l’ensemencement vont se tourner vers le privé, tout comme la Sépaq.

«La demande va augmenter, mais c’est tellement difficile aujourd’hui avec les règles environnementales pour les privés d’agrandir leurs installations que l’offre va rester la même. Ce sont les prix qui vont augmenter», a-t-il déploré.

De son côté, le ministère compte augmenter la capacité de la pisciculture située à Baldwin, en Estrie. Mais pour M. Benoît, il est ridicule d’imaginer un transport efficace sur une telle distance. «De la truite mouchetée, c’est difficile à transporter, et en juin, avec la chaleur, après cinq heures dans un tub, ça ne marche pas», laisse-t-il tomber.

Pour les organismes, c’est tout un casse-tête qui se profile. Ronald Raymond est président de la Fondation de l’eau de rivière du Nord, qui traverse Saint-Jérôme.

Il se retrouve déjà le bec à l’eau depuis quelques années, car la station a cessé de produire de la truite brune. Cette espèce, plus résistante que l’omble de fontaine, se prête mieux à une rivière plus polluée comme la rivière du Nord. Mais le ministère ne veut plus en produire.

«C’est de l’hypocrisie. Après, ils nous demandent de faire affaire avec des privés qui vendent de la truite arc-en-ciel, qui est pourtant beaucoup plus envahissante que la truite brune», déplore M. Raymond.

«Ils disent “tournez-vous vers le privé”, mais on n'est pas capables d’en avoir», a-t-il dit. «Plus de 30 000 personnes sont venues pêcher sur notre circuit depuis 2016. Mais ça fait deux ans qu’on ne fait plus d’ensemencement. Les gens nous disent que la qualité de la pêche est moins bonne», ajoute-t-il.

Station piscicole de Lac-des-Écorces   

  • En activité depuis 1972 
  • Objectif: produire des truites pour les lacs et rivières de la région des Laurentides 
  • Soutenir les fêtes de la pêche et les camps de vacances  
  • Raison de la fermeture: le ministère ne veut pas payer pour sa mise à niveau