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[EN IMAGES] La parfaite maison de contrebande en Montérégie

Le jeune homme qui aurait importé 249 armes de poing prohibées avait acquis une propriété sur la frontière

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La propriété du jeune conseiller financier accusé d’avoir importé 249 armes prohibées est carrément à cheval sur la frontière canado-américaine, à Dundee, en Montérégie, et a jadis abrité une taverne, où des Américains se réunissaient pour consommer à l’époque de la prohibition. 

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« Je me suis toujours dit que c’était une propriété intéressante pour un contrebandier », confie Norman Rennie, l’ancien propriétaire de la maison située à l’écart, au bout du chemin Beaver. 

  • Écoutez la mairesse de Dundee, Linda Gagnon. avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

William Rainville, de Sherbrooke, en a fait l’acquisition il y a un an. La semaine dernière, l’homme de 24 ans a été arrêté dans le secteur par la GRC avec cinq poches de hockey remplies de pièces détachées d’armes à feu. La cargaison contenait 249 pistolets Glock non assemblés, valant près de 1500 $ chacun sur le marché noir.

Le jeune investisseur immobilier possède aussi des immeubles à Sherbrooke.

De la cuisine au salon

Le terrain chevauche les deux pays, à un point tel que la ligne frontalière passe dans la maison. 

« Le salon ainsi qu’une pièce qui me servait de bureau sont aux États-Unis, tandis que la cuisine est au Canada », décrit M. Rennie.

Il a vécu dans la résidence pendant une trentaine d’années. Elle offre un accès direct pour entrer aux États-Unis. 

« Il y a un câble d’acier pour délimiter la frontière, mais tu peux facilement l’enjamber et tu es de l’autre côté », explique-t-il. 

Du côté américain, un chemin de gravier s’arrête à quelques mètres du terrain. Il rejoignait autrefois le chemin Beaver, précise-t-il.  

Une vieille taverne

Vu sa position stratégique, la rustique propriété a déjà abrité une taverne. 

Durant la prohibition, de 1920 à 1933, alors que l’alcool était interdit aux États-Unis, les Américains s’y rendaient pour en acheter et pour boire.

Une photo du terrain montre que la frontière canado-­américaine, qui est dégagée d’arbres, passe carrément dans la maison. <em>(gauche)</em><br> <br>Une vieille carte, fournie par l’ancien propriétaire, illustre qu’une partie du terrain, de la maison et de la grange, qui a déjà abrité une taverne, se trouve aux États-Unis. <em>(droite)</em>
Photos courtoisie Gerry Vézina et Martin Alarie
Une photo du terrain montre que la frontière canado-­américaine, qui est dégagée d’arbres, passe carrément dans la maison. (gauche)

Une vieille carte, fournie par l’ancien propriétaire, illustre qu’une partie du terrain, de la maison et de la grange, qui a déjà abrité une taverne, se trouve aux États-Unis. (droite)

« Ils repartaient avec la valise pleine de boissons alcoolisées », relate M. Rennie. 

Il a d’ailleurs trouvé dans « la vieille taverne » des affiches en carton à l’effigie d’anciennes brasseries.

Cette histoire est bien connue dans la région, confirme le courtier immobilier Steven A. Latulipe. C’est lui qui a vendu la propriété en février 2020. 

Et des cigarettes

Ayant vécu 30 ans dans cette maison, Norman Rennie a plusieurs histoires à raconter, comme la fois où une quarantaine de migrants se sont faufilés, petite valise à la main, vers les États-Unis. 

Et à une certaine époque, il n’était pas rare qu’il voie des camions remplis de cigarettes de contrebande passer sur son terrain. 

Malgré tout, il était surpris d’apprendre que le nouveau propriétaire avait été arrêté en possession d’un tel arsenal. 

« Il m’avait simplement dit qu’il voulait mettre la maison à terre pour en bâtir une nouvelle », se souvient M. Rennie. 

Diplômé en finances de l’Université de Sherbrooke, Rainville travaillait pour le Mouvement Desjardins. Sans antécédents criminels, il fait face à des chefs d’accusation et demeure détenu.

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