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Le gouffre sans fond de l'informatique

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Les contrats informatiques du gouvernement du Québec sont décidément un gouffre sans fond. On n’a même pas commencé à analyser les dépenses liées à la pandémie qu’on peut sans l’ombre d’un doute affirmer que le volet TI nous réserve de bien mauvaises surprises.

Pas plus tard qu’hier, Le Journal révélait que plus d’un demi-milliard de dollars en contrats informatiques ont été octroyés sans appel d’offres dans l’espace d’une année seulement, et ce, avant même la pandémie.

Manque d’expertise

S’il y a une raison principale pour expliquer les dérives de la gestion des contrats informatiques au gouvernement, c’est bien le manque d’expertise de l’État en la matière. Qu’on se comprenne bien. Il y a, dans la fonction publique, de nombreux employés hyper compétents. Le problème, c’est qu’il n’y en a pas assez et que nous n’avons pas les moyens de les garder très longtemps.

Le marché du travail en matière de technologies de l’information est extrêmement compétitif. Les grandes entreprises s’arrachent les meilleurs employés et n’hésitent pas à offrir des bonifications pour se faire séduisantes. Avec ses 18 échelons dans les conventions collectives et l’abolition des primes de performance, l’État québécois n’est pas en mesure d’attirer les joueurs les plus performants.

Le loup comme berger

Pour pallier ce problème, on finit par « embaucher » à grands frais des consultants externes qui viennent travailler directement dans les ministères et organismes.

En confiant près de la moitié (259 sur 655) des postes de gestion des projets informatiques à des consultants payés par des firmes privées, Québec se place en situation de dépendance évidente.

C’est en quelque sorte comme si on confiait la job de berger à un loup.

C’est connu, les vendeurs en savent plus que les acheteurs. Or, c’est à eux que nous confions une bonne part des décisions. Pas surprenant qu’on se fasse si souvent mener en bateau.