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Le lait maternel, beaucoup plus complexe qu’anticipé

Mother breastfeeding her newborn baby beside window
HillLander - stock.adobe.com

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Une nouvelle technologie génomique a permis de découvrir de nouvelles espèces bactériennes jamais détectées auparavant dans le lait maternel, révèle une étude publiée il y a quelques semaines par plusieurs chercheurs québécois. 

Jusqu’à présent, les scientifiques savaient peu de choses sur le rôle de ces bactéries qui protégeraient le tube digestif du nourrisson et auraient des effets bénéfiques sur la santé à long terme, notamment en offrant une protection contre les allergies. Ces constats pourraient avoir d’importantes répercussions sur le développement et leur santé des tout-petits

«Nous avons remarqué que des espèces bactériennes présentes dans nos échantillons de lait maternel avaient une fonction commune de destruction de substances étrangères, ou xénobiotiques, qui pourrait jouer un rôle de protection contre des toxines et des substances polluantes», a expliqué Emmanuel Gonzalez, coauteur de l’article et bio-informaticien à l’Université McGill.

Pour en savoir plus sur le microbiote du lait maternel, les scientifiques ont analysé des échantillons à l’aide d’une technologie d’imagerie haute résolution mise au point par l’Université McGill et l’Université de Montréal pour la détection de bactéries dans la Station spatiale internationale.

Ils ont analysé le lait de mères mayas vivant dans huit communautés rurales éloignées des hautes terres de l’ouest du Guatemala, et ont comparé la composition du microbiote à deux moments de la période d’allaitement, soit au début (du 6e au 46e jour après la naissance) et à la fin (du 109e au 184e jour).

La technologie génomique utilisée par les scientifiques a révélé des espèces bactériennes présentes chez toutes les mères mayas et a donné un aperçu des diverses bactéries transmises aux bébés.

«Comme la plupart des études sur le microbiote du lait maternel ont été réalisées dans des pays à revenu élevé, nous avons un tableau incomplet des bactéries importantes transmises aux nourrissons», a indiqué Kristine Koski, coauteure et professeure agrégée à l’École de nutrition humaine de l’Université McGill.

Les chercheurs estiment qu’il faudra travailler auprès de populations sous-représentées pour bien comprendre le microbiote du lait maternel et les facteurs qui influent sur sa composition, et ils espèrent que leurs découvertes favoriseront une recherche plus inclusive et plus exhaustive.