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Le vaccin, seule issue pour s’en sortir

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Photo AFP On comprend mal pourquoi les bureaux de vaccination ne sont pas plus occupés.

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Les chantres des droits protègent les citoyens antivaccins. Le « c’est mon droit » a la primauté sur d’autres droits. Celui par exemple d’un enfant à qui ses parents militants de cette cause refusent le droit d’être immunisé.

Donc le droit d’un enfant d’être protégé d’une maladie prévisible est moins important que celui des parents pour qui la science médicale est une autre forme de sorcellerie ou un coup de dé.

Le peu d’empressement actuel des Québécois à se faire vacciner ou leur refus au nom de leur droit sacré reconnu par les chartes à rester vierges des poisons qu’on leur injecte plonge toute la société dans un dilemme cornélien.

La COVID-19 sera éradiquée lorsqu’une proportion d’environ 70 % des gens sera vaccinée. Cela signifie que la fin de la pandémie risque d’être suspendue sine die.

Par ailleurs, dans le contexte technologique d’aujourd’hui, en particulier le poids écrasant des réseaux sociaux, chaque internaute croit être son propre maître. « Je l’ai lu sur internet », répètent tous les spécialistes autoproclamés. « Oui, mais où exactement et qui l’a écrit ? » C’est devenu secondaire pour chaque ti-Joe connaissant qui en sait assez pour se croire savant.

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Contradictions

Ajoutons à cela la libre circulation d’informations contradictoires des vrais savants, cette fois, qui divergent d’opinions non plus dans le contexte du secret professionnel, mais en public, devant la planète entière.

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Cette fin d’époque dans laquelle nous avançons en rangs éparpillés se caractérise par un refus de l’élitisme. Les gens instruits, bardés de diplômes, se font contester par des têtes brûlées défendant des thèses délirantes.

Précisons que les scientifiques ne sont pas eux-mêmes à l’abri de dérives. L’histoire de la science, c’est aussi l’histoire de savants qui ont dérapé. Il faut remettre en question les hypothèses scientifiques, mais les organismes de santé publique doivent exercer des contrôles pour guider les dirigeants politiques.

La semaine dernière, on a assisté à des scènes inattendues où des personnes après s’être présentées à un centre de vaccination, ont refusé de recevoir le vaccin en découvrant qu’il s’agissait d’AstraZeneca.

Polémique

Ce vaccin crée la polémique. Neuf pays européens, dont l’Allemagne, ont suspendu son utilisation. Le Canada pour sa part poursuit son plan. Des spécialistes rappellent qu’il n’y a aucune preuve de cause à effet entre le vaccin et la formation de caillots de sang. Or, des personnes vaccinées ont eu des problèmes de ce genre. Cependant, dix-sept millions d’Européens et de Britanniques sont déjà vaccinés avec AstraZeneca.

Devant les hésitations des Québécois inquiets, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait laissé entendre qu’il se ferait vacciner avec AstraZeneca lors d’un point de presse récent. Qu’en pense-t-il désormais ?

Or il apparaît que l’enthousiasme pour les vaccins n’est pas assez soutenu par les autorités sanitaires. On comprend mal pourquoi les bureaux de vaccination ne sont pas plus occupés. Nous ne semblons pas manquer de vaccins.

Nous sommes dirigés par des gens responsables. Et si les personnes âgées ne donnent pas l’exemple, comment convaincre les générations plus jeunes de poser ce geste de protection pour eux et les autres afin de retrouver les plaisirs de la vie en société ?