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Les courtiers peuvent aussi jouer aux vautours

Rien ne les empêche de solliciter les gens endeuillés

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Si les investisseurs immobiliers peuvent se montrer agressifs afin de mettre la main sur une maison léguée aux proches d’une personne récemment décédée, ils ne sont pas les seuls. Les courtiers immobiliers sont aussi de la partie. 

Ils sont près de 14 000 courtiers au Québec, et leur permis d’exercice est délivré par l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ). 

« Ce sont des choses qui effectivement peuvent survenir », dit Caroline Champagne, v.-p. Encadrement à l’OACIQ, au sujet de la pratique. Essentiellement, les courtiers utilisent le registre foncier afin d’identifier les propriétés visées et offrent aux proches endeuillés de les aider à vendre la maison. 

« Dans la mesure où c’est de l’information publique et que ça se fait selon les règles de sollicitation prévues à notre code de déontologie, ça peut être fait tout à fait correctement », ajoute Mme Champagne. 

Toutefois, « quand il y a des débordements, de l’abus, du harcèlement ou de l’acharnement », une demande d’assistance à l’OACIQ peut être faite. 

Enquête

Caroline Champagne invite donc les gens à communiquer avec l’organisme s’ils sont l’objet d’une sollicitation qu’ils jugent abusive. 

Si la plainte est jugée recevable, une enquête pourra alors être menée et des sanctions administratives imposées.

En 2020, l’OACIQ a reçu 2430 demandes d’assistance et a déposé quelque 150 plaintes disciplinaires devant le syndic. 

On parle à peu près des mêmes chiffres pour 2019, alors que 81 courtiers ont vu leur permis suspendu, et 19 l’ont carrément perdu.

Mais les infractions les plus fréquentes ne sont pas celles liées à l’obligation d’honneur, de dignité et d’intégrité, qui arrivent loin derrière celles liées aux obligations de conseil, de vérification et d’information.