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[EN IMAGES] Vieux-Québec: opération délicate pour abattre l’arbre au boulet

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La délicate opération visant à abattre l’arbre «au boulet de canon» du Vieux-Québec a commencé sous les regards résignés de plusieurs curieux, mardi.

Le son des scies motorisées a retenti en début de journée, rue Saint-Louis, dans le quartier historique.

«J’habite à côté. Honnêtement, ça fait de la peine. Ça fait partie du patrimoine. Il est connu mondialement, c’est comme un deuil», a raconté Yvon Deslauriers, un résident.

Photo Stevens Leblanc

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En même temps, c’était la chose à faire, selon lui. «On voyait [que l’arbre] était malade et, en plus, il est entouré de béton et d’asphalte. Ce n’était pas sa place», a-t-il ajouté.

Cette première journée de travaux avait pour objectif de retirer la cime de l’orme centenaire, réputé pour être l’arbre le plus connu de Québec, et de sécuriser celui-ci.

Photo Stevens Leblanc

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À l’aide d’une nacelle, des arboriculteurs ont coupé les branches une à une. Celles-ci étaient descendues au sol avec précaution à l’aide d’un système de cordages et de poulies.

Prochaines étapes

Mercredi, les choses vont se corser un peu. Des ouvriers viendront dégager et excaver la base du tronc avec un camion-aspirateur (souvent utilisé pour aspirer les puisards) tout en prenant soin de préserver tout vestige archéologique qui pourrait potentiellement se trouver en dessous.

Le boulet — qui est en fait une bombe incendiaire qui aurait servi de chasse-roue à la fin du XIXe siècle — sera inspecté par des artificiers des Forces armées canadiennes, pour confirmer qu’il est effectivement inactif et qu’il n’y a aucune poudre dangereuse à l’intérieur, comme on le croit.

Photo Stevens Leblanc

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Un périmètre de sécurité d’environ 50 mètres sera en vigueur pour les piétons, mais aucune évacuation de résidence n’est prévue. Le risque est jugé extrêmement minime.

Jeudi, le tronc sera finalement retiré au moyen d’une grue. Une partie sera conservée et remise à un spécialiste qui en fera un moule pour la postérité. Quelques branches seront aussi sauvegardées.

«Depuis l’annonce, il y a plein de monde qui viennent se prendre en photo devant l’arbre», a rapporté un autre résident du quartier et guide touristique.

Photo Stevens Leblanc

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«La question, c’est pourquoi c’était si urgent de le couper aujourd’hui? Pourquoi ne pas le garder encore un été, pour que les gens se fassent à l’idée qu’il va partir?» demandait ce citoyen.

Mal en point

La semaine dernière, la Ville a expliqué qu’elle devait agir rapidement pour des motifs de sécurité. Une expertise indique que le tronc n’a plus que 27 % de bois sain à une hauteur de 80 cm et qu’il est rongé par la pourriture.

«C’est un arbre qui était à risque. Je trouve que c’est une bonne affaire. Quand ils ont annoncé ça, j’ai dit à ma femme: “Regarde, c’est l’arbre dont je te parlais, qui était dangereux.” Il était très endommagé. C’est triste, parce que c’est un petit joyau», a dit un travailleur du secteur, Sylvain Lemay.

Le colosse de 17 mètres était solidement inscrit dans l’imaginaire collectif. C’est pourquoi une œuvre d’art va lui succéder à l’automne 2022. Elle comportera une réplique du tronc en bronze et la fameuse sphère métallique.