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Rapport d’enquête: la direction du CHSLD Herron critiquée

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«L’organisation déficiente du travail et une méconnaissance du domaine des soins de santé chez ses gestionnaires», tel est le constat porté mardi par un rapport d’enquête sur le CHSLD privé Herron situé dans l’ouest de l’île de Montréal à Dorval.

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Dans ce centre d’hébergement de soins de longue durée où 31 résidents sont morts de la COVID-19 durant la première vague, entre le 13 et 29 mars 2020, les «professionnels faisaient face à de nombreux obstacles à la prestation de soins sécuritaires», selon le document produit conjointement par le Collège des médecins du Québec (CMQ), l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ).  

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«L’équilibre précaire du contexte de soins qui avait cours dans les mois qui ont précédé la pandémie s’est rapidement écroulé dès le début de l’éclosion», a déploré ce rapport qui affirme que des lacunes avaient déjà été identifiées lors d’inspections professionnelles menées en 2018.

La débâcle au CHSLD Herron n’est pas le résultat d’un manque de dévouement ou de collaboration des employés.

«Contrairement à ce qui a été véhiculé, les employés du CHSLD n’ont pas abandonné

les résidents ni déserté le CHSLD ; on leur a demandé de quitter celui-ci parce qu’ils

avaient des symptômes de la maladie ou qu’ils avaient été en contact avec une personne positive, sans que leur remplacement soit planifié et organisé par les gestionnaires de l’établissement», a précisé le rapport.

«Les conclusions de notre enquête conjointe mettent en lumière des faits qui nous préoccupent grandement, a déclaré le Dr Mauril Gaudreault, président du CMQ, par communiqué. Tous les résidents des CHSLD, qui représentent une clientèle particulièrement vulnérable, ont droit à des soins et services de santé sécuritaires et à la hauteur de leurs besoins, peu importe s'ils vivent dans un établissement public ou privé.»

Le document propose 31 recommandations, dont la mise en place obligatoire d’une directrice des soins infirmiers en CHSLD privé non conventionné, ainsi que d’assurer une gouvernance en soins infirmiers selon les mêmes exigences que dans les CHSLD publics.

«Les limites des modèles de soins existants, notamment en CHSLD privés ou publics, ont été maintes fois dénoncées par l'OIIQ, et ce, bien avant la pandémie. Il est impératif d'y offrir de meilleurs soins, empreints de respect et de dignité; l'expertise infirmière fait partie de la solution», a précisé Luc Mathieu, président de l'OIIQ, par communiqué.

Ce rapport se penchait aussi sur les soins portés durant la première vague à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal qui a reçu une bonne note.

«L'enquête démontre que malgré les circonstances exceptionnelles et toutes les difficultés rencontrées, les soins dispensés ont été adéquats en dépit de l'augmentation importante de leur intensité. Les équipes étaient composées de professionnels expérimentés et soutenues par du personnel d'encadrement compétent», peut-on lire dans ce rapport.

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Le gouvernement du Québec a réagi en mentionnant qu’il allait suivre les recommandations. «Les événements dramatiques vécus au début de la crise sanitaire nous ont révélé des lacunes importantes dans certains CHSLD. Nous allons tout faire pour mettre en place des conditions qui nous permettront d'éviter que de telles situations se répètent. Ce rapport est pour nous un outil essentiel qui contribuera à consolider les efforts déjà déployés», a affirmé Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec a souligné que des mesures ont déjà été prises pour venir en aide aux CHSLD, dont la mise sur pied d'une réserve d'équipements de protection individuelle, l’embauche de préposés et l’établissement de mécanismes de surveillance de résidences privées pour les ainés.

Traitant le rapport d’«accablant», Québec Solidaire a souligné que le privé n’a pas sa place dans les CHSLD qui devraient tous être nationalisés.

«La vérité, c’est que le système est gravement malade et on essaie de le guérir avec des petits pansements pour limiter les dégâts. Ce que ça prend, c’est un vrai traitement-choc, un virage à 180 degrés», a dit la députée solidaire Catherine Dorion, qui est responsable du dossier des ainés et des proches aidants pour son parti.

Au total, près de 200 personnes ont été rencontrées, dont une quarantaine de gestionnaires, dans le cadre de cette investigation.

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