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Un pari risqué

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Question de mettre définitivement un trait sur leur dernière saison morose, les Patriots ont dévié de leurs habitudes en distribuant les dollars sur le marché des agents libres. Ils n’ont donc pas dit leur dernier mot, mais il n’est pas garanti que cette stratégie va rapporter.

Les Patriots se sont attaqués à des lacunes criantes. La saison dernière, ils n’ont tiré que 18 maigres réceptions de leurs ailiers rapprochés. À cette position, jamais ils n’ont vécu pareille famine.

L’arrivée de Jonnu Smith ranime donc l’espoir des partisans. Joueur athlétique, il n’a jamais capté plus de 41 passes avec les Titans, mais ceux-ci commençaient à peine à se servir vraiment de lui la saison dernière.

Il aidera certainement l’offensive, lui qui a amassé en moyenne 6,8 verges après le contact par réception au cours de sa jeune carrière. Peu de joueurs sont aussi aptes à briser des plaqués pour prolonger les gains.

Les Patriots ont aussi misé sur deux autres receveurs en Nelson Agholor et Kendrick Bourne, après une production horrible à cette position en 2020. Bourne, un ex-49ers, est méconnu, mais ses changements de direction vifs cadrent bien avec le système offensif en place. Agholor, c’est le marchand de vitesse attendu, malgré ses mains louches.

VITE, UN QUART !

Tout ça est bien joli, mais tant que Cam Newton demeurera le plan A au poste de quart-arrière, il est permis de douter de l’amélioration potentielle de l’offensive. Bill Belichick devra impérativement s’attaquer à la position de pivot dans une cuvée riche au prochain repêchage. 

En défensive, les Patriots ont payé extrêmement cher pour Matt Judon, dont la production honnête a possiblement été gonflée par le système défensif ultra agressif des Ravens.

Il y a lieu de se poser des questions sur l’arrivée de Jalen Mills, qui était devenu un joueur presque marginal à Philadelphie. Encore là, il peut s’aligner partout dans la tertiaire et les Patriots raffolent de ce type de polyvalence qui les a bien servis par le passé.

Les contrats ne sont évidemment jamais entièrement garantis dans la NFL, mais il n’en demeure pas moins que les Patriots ont consenti 81 millions, hier, en argent garanti à leurs nouvelles prises. Ils avaient largement la marge de manœuvre sous le plafond salarial pour agir ainsi, donc ils n’ont pas agi de manière irresponsable.

Reste que tout ce blé, sans le quart-arrière (pour l’instant) pour faire fructifier les investissements, c’est dangereux. Les Patriots ont comblé leurs besoins immédiats et peuvent maintenant sacrifier quelques choix pour s’avancer au repêchage et s’assurer de mettre la main sur un jeune quart. Sinon, toutes ces emplettes risquent d’être vaines.

LA FIN POUR LADOUCEUR ?

Plusieurs autres gros contrats ont meublé la première journée sur le marché des joueurs autonomes, mais difficile de ne pas s’arrêter un brin sur la situation de l’un des rares joueurs québécois dans le circuit, Louis-Philippe Ladouceur.

Les Cowboys ont mis sous contrat le spécialiste des longues remises Jake McQuaide. C’est donc la fin d’une longue et belle carrière de 16 saisons pour le Québécois à Dallas. Il a disputé 253 matchs avec les Cowboys, lui qui n’était plus qu’à deux rencontres de s’approprier le record de franchise détenu par Jason Witten. Il faudra voir si le vétéran de 40 ans savourera une retraite bien méritée ou s’il tentera de poursuivre sa carrière ailleurs.

Toujours chez les joueurs québécois, aucune nouvelle n’a émané concernant l’ailier rapproché Antony Auclair, dont le contrat avec les Buccaneers vient à échéance.