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Crise de l’immigration: Biden n’a pas de solution

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L’empressement de Biden à démanteler les politiques d’immigration de Trump sans un plan cohérent pour faire face à l’augmentation prévisible des migrants a conduit au chaos à la frontière mexicaine.

En plus d’un afflux inaccoutumé d’adultes, chaque jour, des centaines d’enfants non accompagnés demandent l’asile. Des milliers d’enfants seuls sont déjà détenus aux États-Unis en attendant que leur demande d’asile soit traitée.

La politique d’immigration de Biden se retourne contre lui. Il a fait campagne pour assouplir les contrôles de l’immigration, dont un moratoire sur les expulsions. Il s’est aussi engagé à mettre fin à la politique « d’attente au Mexique » de Trump pour les demandeurs d’asile et il a ordonné l’arrêt de la construction du « mur des Lamentations » frontalier de Trump. Cela a donné aux demandeurs d’asile, aux migrants illégaux et aux organisations criminelles qu’ils paient pour passer la frontière, toutes les raisons de croire qu’avec Biden ça serait plus facile d’entrer aux États-Unis. Et d’y rester.

De plus, son projet de loi sur l’immigration offre un statut juridique et une voie d’accès à la citoyenneté aux quelque 11 millions de migrants sans papiers qui y vivent déjà.

Le GOP : ouvrez les écoles, pas la frontière !

Trump et les républicains vont jouer massivement et méthodiquement la carte de l’immigration contre Biden et les démocrates. C’est tout ce qu’il leur reste. La campagne publicitaire qu’ils viennent de lancer accuse Biden d’ouvrir la frontière au lieu d’ouvrir les écoles et les entreprises, exploitant ainsi l’exaspération des Américains face à la pandémie.

Biden, comme Trump, ne pourra compter sur l’appui du Mexique pour vraiment l’aider. Le pays n’a jamais vraiment accepté que les États-Unis s’emparent par la force du tiers de son territoire. La « Reconquista » est un rêve et une ambition nationale mal dissimulés. Par l’immigration et la fécondité, elle est commencée depuis longtemps. Les États-Unis comptent actuellement près de 42 millions d’hispanophones, soit près de 15 % de la population. Et c’est sans compter la dizaine de millions d’illégaux. Les Hispaniques représentent plus de la moitié de l’augmentation de population que le pays a connue depuis 2000. La pression démographique latino ne va que s’accentuer. L’Amérique centrale est particulièrement affectée par les bouleversements climatiques et d’autres catastrophes naturelles comme les ouragans et les tremblements de terre. La pauvreté et la hausse de la criminalité engendrée par les rendements décroissants de l’agriculture incitent un nombre toujours grandissant de Latino-Américains à fuir vers États-Unis, leur pays de cocagne.

Endiguer les migrants : le thème des élections 2022

Que vont faire les Américains aux élections mi-mandat ? Vont-ils récompenser les démocrates pour leur gestion efficace de la pandémie et de la relance de l’économie où vont-ils les rejeter pour avoir été incapables d’endiguer une vague migratoire massive ?

Un resserrement draconien de leurs politiques d’immigration pourrait être la seule façon pour les démocrates de conserver le contrôle des deux chambres du Capitole. Ils sont 50/50 au sénat où seul le vote prépondérant de la vice-présidente leur assure la majorité et n’ont qu’un très mince avantage numérique à la chambre des représentants.