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Inconduites sexuelles au sein de l’armée: «écœurée», une officière supérieure démissionne

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Une officière supérieure des Forces armées canadiennes a annoncé mardi sa démission, se disant «dégoûtée» par les rapports sur les inconduites sexuelles au sein du haut commandement de l’armée.

«Je suis écœurée par les enquêtes en cours sur les inconduites sexuelles parmi nos principaux dirigeants. Malheureusement, je ne suis pas surprise», a écrit la lieutenante-colonelle Eleanor Taylor dans sa lettre partagée sur Facebook et authentifiée par des médias anglophones. 

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Exaspérée par la lenteur dans la lutte contre les agressions à caractère sexuel, Mme Taylor se dit convaincue que l’ampleur du problème des allégations sexuelles n’a pas été encore révélée.

La commandante adjointe du 36e Groupe-brigade du Canada a noté dans sa lettre que tout au long de sa carrière, elle avait observé «un usage insidieux et inapproprié du pouvoir à des fins d'exploitation sexuelle».

Taylor a mentionné dans sa lettre qu’avec l’opération Honneur, visant à réprimer les inconduites sexuelles, elle pensait que les dirigeants de l’armée allaient faire de cette question une priorité.

Désillusionnée par l’incapacité du haut commandement à donner l’exemple, elle a carrément demandé d’abandonner le nom d’opération Honneur.

Si elle avait envisagé de rester en uniforme, c’était pour influer sur le changement de l’intérieur, visiblement sans succès.

«Bien que je reste extrêmement fière de certaines parties de notre organisation, sur la question de la lutte contre les comportements sexuels préjudiciables, nous avons perdu toute crédibilité», a détaillé Mme Taylor, avouant quitter les rangs de l’armée avec une «profonde déception».

L’opposition réagit

La porte-parole du NPD pour les femmes et l'équité des genres, Lindsay Mathyssen, a déclaré que le départ de la lieutenante-colonelle «prouve que la culture au sein de l’organisation est toxique et inhospitalière pour les femmes».

«Le premier ministre doit cesser d’ignorer ces allégations et apporter des changements concrets au système dès maintenant avant que d’autres femmes comme la lieutenante-colonelle Eleanor Taylor ne soient forcées de renoncer à leur carrière», a-t-elle indiqué.

D’autres départs dans l’embarras

Au Bloc québécois, la députée Andréanne Larouche considère la démission comme un «autre signal d’alarme»

«Le gouvernement du Canada doit entreprendre un grand ménage au sein des Forces armées afin de trouver des solutions immédiates aux inconduites sexuelles à l’égard des femmes dans les Forces», a-t-elle déclaré.

Les révélations sur les inconduites sexuelles ont décimé l’état-major de l’armée canadienne.

Le chef d’état-major, l’amiral Art McDonald, a démissionné fin février, après le déclenchement d’une enquête sur des allégations d’inconduites sexuelles.

Il avait remplacé un mois plus tôt le général Jonathan Vance, également visé par une enquête similaire.

Ces révélations ont mis le ministre de la Défense sur la défensive. Harjit Sajjan a nié avoir fermé les yeux sur les allégations de l’ancien chef d’état-major de la Défense nationale, alors que l’ex-ombudsman de la Défense prétend en avoir informé le ministre il y a trois ans.