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Le CH, une boîte à surprises

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Photo d'archives, AFP À la mi-saison, on doit placer Carey Price du côté des déceptions, mais il est sur la bonne voie.

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La première moitié de saison du Canadien a révélé une chose : cette équipe-là est une véritable boîte à surprises. 

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Pendant quelques semaines, Claude Julien était dans la course au trophée Jack-Adams du meilleur entraîneur, avec une impressionnante fiche de 8-2-2 le 6 février. Trois semaines plus tard, Marc Bergevin l’a congédié après trois défaites d’affilée et une seule victoire en six matchs. 

Le nouvel entraîneur-chef, Dominique Ducharme, a remis l’équipe sur les rails, notamment avec une victoire de 7 à 1 sur les Jets de Winnipeg, mais ce fut suivi d’un effondrement à Calgary, puis d’une belle victoire à Winnipeg. Difficile de dire ce que sera la suite. 

De toute évidence, le Canadien est encore une équipe fragile et la mentalité de champions n’est pas encore installée dans le vestiaire. Les champions en veulent toujours plus, alors qu’à Montréal, on se satisfait de quelques victoires. Ça doit changer. 

Fragilité canadienne 

La bonne nouvelle, c’est que toutes les équipes canadiennes sont fragiles. La culture de champions est encore inexistante dans la division Nord et la meilleure équipe jusqu’à présent, les Maple Leafs de Toronto, est celle qui aura le plus de pression lorsque viendra le temps des séries éliminatoires. Malgré tout son talent à l’attaque, elle est vulnérable. 

Une équipe devra amorcer une grosse séquence et une lancée commence souvent avec un gardien en feu.

Est-ce que ce sera Carey Price ? Il joue mieux depuis deux semaines et Ducharme a compris qu’il doit l’utiliser souvent.  

Le renvoi de Stéphane Waite a sûrement fouetté Price, que l’on doit placer du côté des déceptions jusqu’ici. À lui de prendre la situation en main et je m’attends à son réveil. 

Quel gardien sera le plus dominant au Canada d’ici la fin de la saison ?

L’effet Darryl Sutter se fait sentir chez les Flames de Calgary et je crois en leur gardien Jacob Markstrom. Connor Hellebuyck a gagné le trophée Vézina et c’en est un qui en veut toujours plus. Les Jets seront à surveiller. Thatcher Demko a du potentiel à Vancouver, mais est-ce qu’il va tenir le coup jusqu’à la fin ? Les doutes sur Frederik Andersen persistent à Toronto. Quant aux Oilers, ils accordent beaucoup trop de chances de marquer pour espérer aller loin en séries. 

J’avais prédit la troisième position au Canadien avant le début de la saison et qu’ils soient en quatrième aujourd’hui n’est pas une véritable surprise, sauf la chute prononcée après un spectaculaire début. Je le croyais à l’abri d’une longue léthargie. 

Le Canadien nous surprendra encore. J’aime beaucoup Ducharme. Il semble avoir l’étoffe d’un véritable entraîneur-chef et il fait confiance aux jeunes. Il devra obtenir de la constance de ses joueurs. 

Bergevin, première étoile 

Les nouvelles acquisitions de Marc Bergevin font fait le travail et, à mon avis, il est la première étoile du Canadien cette saison. Il a comblé tous les besoins dans la formation et il a passé le message qu’il veut gagner à tout prix. Je serais surpris qu’il effectue une autre transaction, sauf peut-être pour pallier la longue absence de Ben Chiarot. 

À l’attaque, Josh Anderson et Tyler Toffoli impressionnent, sans oublier Corey Perry. Jonathan Drouin est le héros obscur. On connaît le talent de Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi progresse. Anderson est mon coup de cœur depuis le début de la saison. Ça fait des années qu’on dit qu’il manque un ailier de puissance à Montréal et Anderson répond à tous les critères.  

Une autre excellente décision de Bergevin a été la mise sous contrat de Jeff Petry. Quelle saison il connaît celui-là ! Le gardien Jake Allen a déjà donné 11 points au Canadien, l’équivalent de Keith Kinkaid, Cayden Primeau et Charlie Lindgren durant toute la saison 2019-2020. 

Il y a eu des hauts et des bas, mais il est temps de passer à la vitesse supérieure. 

-Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets 

Le Vézina à Fleury 

Le favori pour gagner le trophée Vézina aujourd’hui est Marc-André Fleury, des Golden Knights de Vegas. Il n’a pas encore gagné ce trophée et n’a même jamais été finaliste. À 36 ans, c’est sa meilleure chance de l’emporter. Vendredi, on a eu peur que la COVID-19 le mette sur la touche, mais heureusement, c’était une fausse alerte. 

Encore McDavid 

Connor McDavid est favori pour gagner le trophée Hart pour la deuxième fois de sa carrière et il est largement en avance chez les marqueurs pour gagner un troisième trophée Art-Ross. Quel phénomène ! C’est juste dommage qu’il ne soit pas mieux entouré à Edmonton. 

Petry dans la course au Norris 

Victor Hedman est à mon avis le meilleur défenseur de la LNH, mais Jeff Petry le surpasse dans les statistiques avec 11 buts et un différentiel de +15. On doit inclure le rapide défenseur du Canadien dans la course au trophée Norris. Le capitaine Shea Weber a ralenti, mais les athlètes dans la mi-trentaine ont souvent plus de difficulté dans des saisons écourtées comme celle-ci.

Chaude lutte pour le Jack-Adams 

Barry Trotz accomplit encore un travail formidable chez les Islanders de New York, mais qui aurait cru que les Panthers de la Floride de Joel Quenneville devanceraient le Lightning de Tampa Bay au classement à ce stade-ci de la saison ? D’autant plus que Sergei Bobrovsky ne connaît pas une saison à tout casser. Il se replace graduellement toutefois. N’oublions pas non plus Rod Brind’Amour chez les
Hurricanes de la Caroline. La lutte est corsée pour le trophée du meilleur entraîneur.