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Sans constance, point de salut

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Photo PC Carey Price qui effectue un arrêt contre Mark Scheifele, des Jets de Winnipeg, lors de la première période à Winnipeg, lundi.

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Donc, en résumé, le Canadien devra continuer à opérer avec les moyens à sa disposition en deuxième moitié de saison. Marc Bergevin n’a plus d’argent pour aller chercher un défenseur d’expérience capable de remplacer Ben Chiarot ni un joueur de centre productif.

Pour ce faire, il lui faudrait trouver une équipe avec laquelle il pourrait échanger des contrats de valeur équivalente. Ce n’est pas impossible, mais c’est plus difficile durant la saison. Les contraintes reliées à la pandémie compliquent aussi les choses.

Si Bergevin négociait avec une équipe américaine, le joueur obtenu devrait observer une quarantaine de 14 jours. On parle d’une indisponibilité variant de six à huit matchs.

Plus les enjeux grandiront au cours des prochaines semaines, moins les équipes risqueront de vouloir s’exposer à un tel scénario.

Formulation du discours modifiée

Cela dit, le discours de Bergevin demeure le même. Il fonde toujours de grands espoirs sur son équipe. Mais la formulation de ses propos a changé.

« La course aux séries sera serrée jusqu’à la fin », a-t-il dit hier alors qu’il traçait le bilan de la première moitié de saison du Tricolore.

Cette question ne semblait pas poser un problème dans son esprit avant le début de la campagne.

Encouragé par les acquisitions qu’il avait faites pendant l’entre-saison, Bergevin avait déclaré haut et fort que les attentes étaient grandes au sein de la direction du Canadien.

Après les dix premiers matchs, on était emballés. 

Josh Anderson, Tyler Toffoli, Joel Edmundson et Jake Allen apportaient les ingrédients qui manquaient à l’équipe la saison dernière.

Malaise chronique 

Puis, tout s’est mis à mal aller.

Claude Julien, Kirk Muller et Stéphane Waite en ont subi les conséquences. Dominic Ducharme, Alex Burrows et Marco Marciano ont pris la relève, mais les résultats viennent lentement.

Le Tricolore souffre d’inconstance chronique. Sa dernière série de deux victoires remonte aux 1er et 2 février derniers alors qu’il l’avait emporté décisivement 6 à 2 et 5 à 3 contre les Canucks de Vancouver au Centre Bell. Cinq de ses 13 victoires ont d’ailleurs été remportées contre cette équipe.

Le Canadien s’est beaucoup amusé contre les Canucks, comme en témoigne sa fiche de 5-0-2.

Une équipe dure à suivre

Or, c’est moins reluisant contre les cinq autres formations de la division canadienne. On ne sait jamais quelle équipe va se présenter sur la glace d’un match à l’autre. 

S’il avait fallu que le stade de la mi-saison soit atteint lors de la défaite subie aux mains des Flames samedi dernier à Calgary, on aurait jeté l’éponge sur la saison tellement le Canadien a été mauvais.

Mais comme Josh Anderson l’avait promis le lendemain, c’est un Canadien revigoré qui s’est présenté à Winnipeg, lundi soir. Comme il l’avait prédit, les joueurs volaient sur la glace.

Difficile de se faire une idée juste de cette équipe dans les circonstances.

Améliorations notables

Pourtant, on voit des améliorations depuis l’entrée en scène de Dominique Ducharme, d’Alex Burrows, de Sean Burke et de Marco Marciano.

Le jeu de transition s’est amélioré. L’échec avant est pratiqué avec plus de vigueur. L’attaque à cinq crache le feu.

Sur le plan individuel, Carey Price a retrouvé ses repères. Jeff Petry connaît la meilleure saison de sa carrière. Jonathan Drouin accumule les points. Brendan Gallagher joue avec l’énergie du désespoir pratiquement à chaque match. 

Anderson et Toffoli continuent sur leur lancée. Edmundson revendique le meilleur différentiel (+26) dans la ligue.

Mais le Canadien n’arrive pas à coller des victoires.

Ce sera son plus gros défi à partir de ce soir. Il devra gagner régulièrement, particulièrement au Centre Bell, où il présente une fiche de ,500 après 11 matchs (5-5-1).

C’est là qu’on va voir de quel bois cette équipe est vraiment faite.

Debout dans la tempête

Marc Bergevin n’a pas besoin qu’on lui dise que son poste est en jeu. Il l’a confié lui-même à Stéphane Waite lorsqu’il lui a annoncé entre deux périodes d’un match qu’il le congédiait. Hier encore, il n’a pas joué les faux-fuyants lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il craignait pour son poste si la saison se terminait par un échec.

« Si ça arrive, ça arrivera », a-t-il répondu.

En vérité, Bergevin ne s’est jamais formalisé de parler des conséquences qui viennent avec son poste de directeur général.

Depuis son premier jour avec le Canadien, il dit ne pas vivre avec la crainte de perdre son poste et ne pas être là pour gagner un concours de popularité.

Tout ce qu’il fait, il le fait pour l’équipe au meilleur de ses connaissances et de son jugement.

C’est quelque chose que l’on ne peut lui enlever.

Tous devront contribuer

Bergevin va survivre ou mourir avec Carey Price, qu’il identifie comme son joueur de concession. Le vétéran gardien est dans sa zone de confort depuis le début du mois.

Mais ce sont tous ses coéquipiers qui devront aussi se lever d’ici la fin de la saison régulière pour que le Canadien participe aux séries éliminatoires et qu’il y fasse un bon bout de chemin. 

Il n’y a plus de place pour les demi-mesures et les performances en montagnes russes.

Il n’y a plus de temps à perdre.

Grosse décision à prendre

Une question en terminant : le Canadien pourrait-il faire de la place à Cole Caufield lorsque la saison de ce dernier aura pris fin avec les Badgers de l’Université du Wisconsin ?

Ce n’est pas que je veux être casse-pied, mais je trouve que certains s’emballent trop vite avec le jeune homme. La marche est haute entre la NCAA et la Ligue nationale.

Rappelons-nous Max Pacioretty, qui s’était taillé un poste au sein du premier trio à sa première saison avec les Wolverines du Michigan, un fait rare à ce niveau.

Pacioretty avait signé un contrat avec le Canadien après la saison, mais il lui avait fallu trois ans pour mériter un poste régulier avec l’équipe.

Restons donc calmes avec Caufield.