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Un public qui avait envie de théâtre...

La Bordée a relancé ses activités avec la pièce Deux hommes tout nus

Deux hommes tou nus
Photo Nicola-Frank Vachon Le cauchemar s’amplifie lorsque Catherine surprend son conjoint, Alain, nu avec un collègue, dans le salon du couple.

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Des spectateurs en feu, des rires, des applau-dissements et des comédiens sur les planches, le théâtre était de retour et bien vivant, mercredi à La Bordée. Une renaissance attendue après six mois de fermeture.

Lorsque le directeur artistique Michel Nadeau est apparu, vers 19 h 05, masque sur le visage, pour présenter les consignes, les 142 spectateurs l’ont applaudi chaudement avant qu’il puisse dire un seul mot.

« Ça me fait vraiment chaud au cœur. Il n’y a pas eu de monde dans cette salle depuis six mois. Je suis très, très et très heureux », a-t-il lancé, avant que La Bordée soit plongée dans le noir pour la comédie Deux hommes tout nus.

Il n’y avait pas eu de public dans cette salle de 350 sièges depuis la lecture de la pièce Les muses orphelines, le 26 septembre.

Les spectateurs, en distanciation, sont tous munis de masques de procédure. Des masques bleus remis à l’entrée afin de remplacer les masques en tissu portés par les gens. Ils doivent les porter durant l’heure et demie de la représentation.

Dans la salle, on reconnaît, derrière leurs masques, les comédiens Maxime Robin, Olivier Normand et peut-être même Alexandre Fecteau.

Au même moment, dans la Haute-Ville, Premier Acte lançait sa saison avec la comédie Meet_Inc. Et en milieu d’après-midi, Robert Lepage était sur les planches pour une autre représentation de son solo 887.

Incompréhension totale

Pour la relance de la Bordée, le directeur artistique Michel Nadeau avait choisi la comédie Deux hommes tout nus, qui devait être présentée l’été dernier.

À l’affiche jusqu’au 27 mars, la pièce de Sébastien Thiéry et Ladislas Chollat raconte l’histoire d’Alain Boivin, un avocat, qui se réveille, un matin sur son divan-lit en compagnie d’un collègue de travail. Les deux hommes sont nus. L’incompréhension est totale. 

Aucun des deux hommes, interprétés par Bertrand Alain et Gabriel Cloutier-Tremblay, ne se souvient de ce qui s’est passé. L’arrivée de Catherine, la conjointe de l’avocat, plongera Alain Boivin dans un véritable cauchemar.

Deux hommes tout nus s’inscrit dans la tradition des comédies estivales avec une situation abracadabrante, des quiproquos et beaucoup de légèreté.

Acrobaties

La situation est superbement lancée et on rigole dès les premières secondes où l’on découvre les deux hommes, un vendredi matin, sur le divan-lit de cet appartement rue de la Reine. 

Gabriel Cloutier-Tremblay multiplie les acrobaties, lors de ses déplacements, afin de ne pas dévoiler une nudité totale et il utilise tout ce qui lui tombe sur la main.

Et tout à coup, à mi-parcours, ça se met à tourner un peu en rond. La mise en scène de Nicolas Létourneau est vivante et dynamique. Les comédiens Bertrand Alain, Gabriel Cloutier-Tremblay, Nadia Girard-Eddahia et Blanche Gionet-Lavigne sont très bons, mais le texte s’affaiblit. Il y a des longueurs et on ne sait plus trop où l’on s’en va.

Bon, Deux hommes tout nus est loin d’être parfait, en raison de cette faiblesse du texte, mais ce retour au théâtre, après une fermeture de six mois, est une bouffée d’air immensément rafraîchissante. Pour le public, pour les comédiens, pour les équipes et pour les théâtres. C’est reparti !