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La grande générosité de François Legault

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En dépit d’une contre-performance de - 4,9 % lors du précédent exercice financier 2019-20, Investissement Québec (IQ) avait versé à ses 15 vice-présidents des bonis moyens de 56 106 $.

Imaginez maintenant à combien s’élèvera la rémunération incitative du PDG Guy LeBlanc et de ses hauts dirigeants lorsque Investissement Québec affichera une performance positive, comme ce sera le cas cette année !

Ce sera d’autant explosif que le Conseil des ministres a même cru bon, cette semaine, de bonifier largement les paramètres de la rémunération incitative des dirigeants d’Investissement Québec.

Attachez votre tuque ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, la rémunération annuelle de Guy LeBlanc, le PDG d’IQ, pourra atteindre 1,1 million de dollars avec les bonis.

Pour votre gouverne, sachez que cette rémunération de LeBlanc équivaut à 5,3 fois la rémunération actuelle de François Legault, laquelle rémunération s’élève à un peu moins de 206 000 $.

En termes de rémunération, on conviendra que la job de premier ministre fait « picpic » à côté de celle du PDG d’Investissement Québec. Comme quoi servir les intérêts de tout un peuple est nettement moins « payant » que de servir les intérêts des entreprises.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

LEGAULT RESPONSABLE

Il ne faut pas pour autant prendre Legault en pitié. C’est lui le « big boss » du Conseil des ministres qui a jugé opportun de bonifier la rémunération incitative des hauts dirigeants d’Investissement Québec.

Sous quels motifs bonifie-t-on la rémunération des dirigeants d’Investissement Québec ?

Investissement Québec (IQ) opère en situation de « non-monopole ».

IQ fait face à un environnement hautement compétitif en matière de rétention de talents dans le monde de la Finance.

Le programme de rémunération incitative (bonis, primes, etc.) s’appuie sur des pratiques courantes dans l’industrie de l’investissement.

Ainsi en vertu de la nouvelle politique mise en place par le gouvernement Legault, les dirigeants d’IQ vont recevoir désormais une rémunération variable, grâce à la bonification du régime d’intéressement à long terme (aussi connu sous l’acronyme RILT).

Le PDG Guy Leblanc, reconnu comme étant l’homme de confiance du ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, pourra ainsi empocher jusqu’à 1,1 million $, soit le double de son prédécesseur.

Du côté des vice-présidents d’IQ, la rémunération globale (salaire de base et bonis) pourra varier de 775 000 à 1 million $ l’an.

La rémunération des v.-p. d’Investissement Québec sera de 4 à 5,6 fois plus élevée que la rémunération des ministres du gouvernement Legault, laquelle s’élève actuellement à 177 082 $.

ÇA DÉPASSE L’ENTENDEMENT

Surtout quand on sait que le rendement du portefeuille d’IQ ne représente qu’un seul des trois critères pour accorder des bonis à la « performance » aux hauts dirigeants d’IQ.

Les deux autres critères portent sur le développement économique (emplois créés et valeur des investissements) et la performance organisationnelle.

Avec deux critères relativement arbitraires sur trois, ce sera assurément « payant » pour les hauts dirigeants d’IQ même lorsque les résultats seront moches.

Face aux gros investissements appelés à devenir des flops, comme ce fut le cas avec l’investissement de 1,3 milliard $ dans la C Series de Bombardier, les hauts dirigeants d’IQ vont-ils devoir rembourser leurs bonis ?

Voyons donc !