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Plus que la lune

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Apparemment, les Bears ont offert la lune aux Seahawks pour tenter de mettre la main sur Russell Wilson, sans succès. Que ce soit pour obtenir ses services ou ceux de Deshaun Watson, les équipes à la recherche de tels quarts-arrières devront débourser une rançon surréaliste.

Selon le populaire animateur Dan Patrick, les Bears n’ont pas lésiné pour tenter d’obtenir leur premier véritable quart-arrière de premier ordre depuis... Sid Luckman, dans les années 1940 !

Ils auraient offert aux Seahawks leurs choix de première ronde des trois années à venir, en plus d’un choix de troisième ronde et de deux joueurs partants de leur alignement actuel. Pour donner une petite idée de l’ampleur de l’offre, le seul joueur dans l’histoire de la NFL qui a été troqué contre trois choix de première ronde a été le porteur de ballon Herschel Walker, en 1989.

Oui, ce même Walker qui est passé des Cowboys aux Vikings pour ensuite exercer un impact minime, tandis que les Cowboys en ont profité pour ériger une dynastie.

Bien sûr, en ne sachant pas qui étaient les deux joueurs partants impliqués, difficile de juger l’offre complète. Chose certaine, le refus des Seahawks, si c’est bel et bien ce qui s’est produit, démontre que ça prendra trois fois la lune pour déraciner Wilson.

Quant à Watson, le retour pourrait être inimaginable, considérant qu’il n’a que 25 ans et que malgré la fiche pitoyable de 4-12 des Texans la saison dernière, il a lancé 33 passes de touché et seulement sept interceptions.

DEUX CAS DIFFÉRENTS

Wilson et Watson sont donc malheureux avec leurs formations respectives et sont tous les deux dans l’élite de la ligue à leur position. Là s’arrêtent toutefois les comparaisons. On peut comprendre Watson de vouloir quitter une organisation devenue dysfonctionnelle et qui repart à zéro. Dans le cas de Wilson, il est plus difficile d’adhérer à ses complaintes le ventre plein.

Wilson souhaite que l’attaque lui donne davantage de liberté et de pouvoir, ce qui est compréhensible puisqu’il estime que l’approche offensive conservatrice freine ses élans. Sauf qu’année après année, l’équipe se montre compétitive. En neuf saisons avec Wilson comme quart-arrière, les Seahawks ont goûté huit fois aux séries et ont remporté un Super Bowl. Ils n’ont jamais connu une saison perdante. 

Wilson a raison sur le fond, quand il se plaint d’avoir été mal protégé par sa ligne offensive au fil du temps. Ne serait-il pas plus avantageux, cependant, de laver son linge sale en famille plutôt que de se plaindre publiquement ? À ce jour, les Seahawks sont loin de l’avoir maltraité, eux qui lui ont déjà consenti deux importantes prolongations de contrat. S’ils ont réellement refusé une offre aussi costaude des Bears, c’est signe que malgré ses récentes sautes d’humeur, ils tiennent à lui et estiment que les conflits peuvent encore se régler à l’interne.

LA SUITE

Il est permis de croire que Wilson demeurera à Seattle, du moins à court terme. Dans le cas de Watson, tout indique que la situation est irréconciliable avec les Texans. Si ces derniers n’obtiennent pas une manne spectaculaire pour ses services, ils devront toutefois se résigner à laisser poireauter leur quart-arrière étoile chez lui.

La situation de ces joueurs est à suivre. S’ils changent d’adresse quelques semaines après avoir fait connaître leur mécontentement, il faudra conclure que la NFL se rapprochera de plus en plus de la NBA, une ligue où les joueurs vedettes sont bien plus maîtres de leur destinée.