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La revanche du Québec

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Si la tendance se maintient – et c’est un gros « si » –, le Québec pourrait être l’une des premières provinces à retrouver un semblant de normalité.  

Cela mettrait un peu de baume sur nos ego meurtris. 

22 546 Canadiens sont morts de la COVID-19, dont 10 570 Québécois.  

C’est 47 % de tous les décès au pays, alors que nous formons moins de 23 % de la population.  

C’est un bilan pitoyable, il n’y a pas d’autres mots pour le dire.  

Blâmer le timing de la semaine de relâche 2020, notre étouffante bureaucratie, nos CHSLD vétustes, ou encore notre « sang latin » n’y change rien.  

La première vague de la pandémie nous a frappés tel un tsunami. Elle est en bonne partie responsable de notre bilan honteux.  

En meilleure posture

Mais Québec a su redresser la barre, grâce à des mesures sanitaires strictes et un couvre-feu. 

Pour vous donner un exemple de la sévérité des mesures, pendant de long moins, l’automne dernier, les salles à manger étaient toujours ouvertes dans la capitale fédérale où j’habite. Pendant ce temps, juste de l’autre côté de la rivière et dans la plupart des régions du Québec, les lumières étaient éteintes dans les restaurants.  

Notre courbe épidémiologique est encourageante, si bien que nous pourrions éviter une troisième vague, que l’Ontario se prépare à affronter. 

L’emploi du conditionnel est très important ici. Des experts, dont la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, croit que nous n’y échapperons pas.

Décisions audacieuses

Le gouvernement Legault a pris des décisions audacieuses, à la limite controversées pour aplatir la courbe.  

Le couvre-feu vient immédiatement en tête.  

Aucune autre province n’est allée aussi loin dans le contrôle de nos libertés individuelles au nom de l'impératif sanitaire.

Il y a aussi cette décision, dès décembre, de retarder la 2e dose de vaccin pour une durée de 3 mois afin d’inoculer le plus de gens possible.  

Un choix qui en a fait sourciller plus d’un, surtout dans le ROC et au fédéral. Ottawa a finalement adopté la même stratégie, trois mois plus tard.  

Plus généralement, la campagne de vaccination va plutôt bien au Québec. 

L’Ontario, par exemple, a pris du retard. Son système de prise de rendez-vous vient tout juste d’être mis en opération et il est toujours en rodage. 

Doug Ford, dont la popularité en prend pour son rhume, perdra bientôt son chef d’orchestre de la vaccination, le général à la retraite Rick Hillier, qui n’a pas souhaité renouveler son mandat à la fin mars. Ce dernier s’est tout de même dit optimiste que les Ontariens auront reçu une première dose d’ici au 20 juin. 

Pari 

Ces résultats encourageants pour le Québec semblent donner confiance à François Legault.  

Assez confiance pour y aller d’une audacieuse promesse, soit celle que nous serons tous vaccinés d’une première dose d’ici la Saint-Jean. 

François Legault met ainsi sa réputation en jeu, ainsi que celle de Justin Trudeau. 

Le premier ministre du Québec envoie le signal que son opération vaccination est à point et qu’il compte sur le fédéral pour lui fournir les doses requises.  

Nous avons appris durant la pandémie à nous méfier des bonnes nouvelles. Vous vous souvenez de cette fête de famille pour Noël qui n’a jamais eu lieu ?  

Les très contagieux variants pourraient nous jouer des tours et entraîner une flambée de cas.  

François Legault mise désormais sur l’espoir pour convaincre les Québécois de respecter leur contrat moral.

Si le Québec fait partie du peloton de tête des provinces au bout de ce long marathon, il aura gagné son pari.