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Deux infirmières congédiées: pas d'intervention politique et le syndicat entend se battre pour les réintégrer

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Même si Québec affirme que le congédiement de deux infirmières du CLSC de Joliette n’a rien de «politique» à la suite de présumés propos racistes envers une femme autochtone, leur syndicat affirme le contraire et entend se battre pour qu'elles soient réintégrées.

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Stéphane Cormier, du Syndicat interprofessionnel de la santé de Lanaudière, compte déposer des griefs aussitôt qu’il aura en main la lettre de congédiement des deux infirmières, document qu’il n’avait toujours pas reçu vendredi.

Il déplore l’absence d’une enquête en bonne et due forme de la part des patrons des ex-infirmières pour en arriver à leur renvoi après que Jocelyne Ottawa, une femme attikamek, eut porté plainte après une visite au CLSC de Joliette, le 12 mars dernier.

«Tout le monde crie à l’injustice dans Lanaudière face à ce congédiement. On ne minimise pas ce que Mme Ottawa a senti ou dit, on reconnait qu’il y a un fossé, mais ça prend une enquête publique. Il aurait dû y avoir un temps d’arrêt et de discussion avant ce congédiement. Il s’agit ici de très bonnes infirmières, appréciées par leurs consœurs, mais aussi par des médecins», a déploré M. Cormier, vendredi, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Lors de la rencontre avec l’employeur, seulement six questions auraient été posées à l’une des infirmières. L’employeur n’aurait pas attendu d’avoir la version de la seconde employée avant de congédier la première.

La présidente-directrice générale par intérim du CISSS de Lanaudière, Caroline Barbir, a cependant assuré vendredi après-midi que «tous les processus de l’enquête ont été respectés».

  • Écoutez le commentaire de Geneviève Pettersen à LCN 

«Après avoir recueilli les témoignages nécessaires dans le cadre d’une enquête de cette nature, nous avions suffisamment d’éléments en main pour justifier un manquement au code d’éthique de l’établissement et au code d’éthique et de déontologie de la profession», a-t-elle défendu dans un communiqué.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a également réagi à la déclaration de M. Cormier en point de presse, affirmant qu’aucune intervention politique n’avait eu lieu dans ce dossier.

«La réponse, c’est non. Ce n’est vraiment pas une décision politique», a-t-il déclaré.

«C’était une situation totalement inacceptable», a-t-il ajouté, soutenant la décision prise par Mme Barbir.

Incident concernant le téléphone de Jocelyne Ottawa

Jocelyne Ottawa qui a été traitée pour une blessure au pied avait, selon toute vraisemblance, de la difficulté à se déplacer au CLSC de Joliette.

Son téléphone cellulaire serait tombé au sol et l’une des infirmières l’aurait récupéré en lui promettant de lui remettre une fois qu’elle serait plus solide sur ses pieds.

Selon le syndicat, il n’y aurait eu en aucun temps du chantage relatif au vol de ses données personnelles.

Stéphane Cormier tient à préciser que les deux infirmières ont suivi la formation visant à établir de meilleurs liens avec la communauté attikamek. Cette formation a été instituée à la suite de la mort d’une autre femme attikamek, Joyce Echaquan, en septembre dernier, à l’hôpital de Joliette. La mère de famille avait été victime de propos racistes qu'elle avait captés dans une vidéo sur son téléphone. Elle est morte peu après.

«Les infirmières congédiées auraient essayé de poser des questions pour créer un lien avec une femme timide et non pour la ridiculiser», a expliqué M. Cormier au sujet de Jocelyne Ottawa.

Incident concernant l’utilisation du prénom Joyce

Dans le but d’établir un lien avec la patiente, l’une des infirmières aurait dit à Jocelyne Ottawa: vous prénomme-t-on Joyce au sein de votre communauté? Mais son intention n’était pas de faire allusion à Joyce Echaquan, selon M. Cormier.

Les deux ex-infirmières souhaitent laver leur réputation et revenir au travail.

– Avec des informations d’Yves Poirier, TVA Nouvelles