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Une éruption volcanique illumine le ciel près de Reykjavik

Le miroitement rouge du magma sortant du volcan Fagradalsfjall en éruption derrière la ville de Keflavik, à environ 40 kilomètres de Reykjavik
Photo AFP Le miroitement rouge du magma sortant du volcan Fagradalsfjall en éruption derrière la ville de Keflavik, à environ 40 kilomètres de Reykjavik

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Un volcan est entré en éruption vendredi à une quarantaine de kilomètres de la capitale islandaise de Reykjavik, a annoncé l’Agence météorologique islandaise, provoquant une coulée de lave et illuminant le ciel nocturne d’un nuage rouge.

Un flot de lave s’écoulait d’une fissure dans le sol à Geldingadalur, près du mont Fagradalsfjall, selon des images vidéo tournées par un hélicoptère des garde-côtes.

«L’éruption a commencé au Fagradalsfjall, à Geldingadalur, vers 20 h 45 GMT ce soir. L’éruption est considérée comme étant de petite taille et la fissure est longue d’environ 500, 700 mètres. La lave fait moins d’un kilomètre carré de taille», a indiqué dans un communiqué le Service météorologique (IMO), qui surveille l’activité sismique.

«Il y a peu d’activité éruptive dans ce secteur», a-t-il ajouté.

Le système volcanique de Krysuvik, qui n’a pas de cratère principal, est situé au sud du mont Fagradalsfjall sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l’Islande. Le site de l’éruption se situe à environ 5 km à l’intérieur des terres.

«La première notification a été reçue par l’Agence météorologique à 21 h 40 GMT. L’éruption a été confirmée par des webcams et des images-satellites», a précisé l’agence sur son site internet.

La police et les gardes-côtes ont été dépêchés sur les lieux, mais la population s’est vu recommander de ne pas approcher les lieux.

Le miroitement rouge du magma sortant du volcan Fagradalsfjall en éruption derrière la ville de Keflavik, à environ 40 kilomètres de Reykjavik
Photo AFP

L’aéroport international islandais de Keflavik et le petit port de pêche de Grindavik ne se trouvent qu’à quelques kilomètres, mais la zone est inhabitée et l’éruption ne devrait pas présenter de danger.

Les autorités n’ont pas fait état d'une chute de cendres dans l’immédiat, mais des fragments de téphra [du magma solidifié] et des émissions de gaz pourraient survenir.

La police a recommandé aux habitants vivant à l’est du volcan de fermer leurs fenêtres et de rester à l’intérieur, en raison des risques de pollution aux gaz.

Les émissions de gaz des volcans, en particulier le dioxyde de soufre, peuvent être élevées à proximité d’une éruption, et elles peuvent constituer un danger pour la santé et même être mortelles.

À distance, la pollution peut dépasser les limites acceptables en fonction des vents. Le gaz «peut causer des troubles et avoir des effets néfastes sur la santé», a mis en garde l’Agence islandaise pour l’environnement.

Les éruptions volcaniques dans la région sont connues sous le nom d’éruptions effusives, où la lave s’écoule en majeure partie sur la surface du volcan, à la différence des éruptions explosives qui crachent des nuages de cendres, haut dans le ciel.

Le système volcanique de Krysuvik est inactif depuis 900 ans, selon le Bureau météorologique, tandis que la dernière éruption sur la péninsule de Reykjanes remonte à près de 800 ans, à 1240.

Surveillance accrue

La région faisait l’objet d’une surveillance accrue depuis plusieurs semaines après qu’un séisme de magnitude 5,7 a été enregistré le 24 février près du mont Keilir, à la périphérie de Reykjavik.

Ce tremblement de terre a depuis été suivi d’un nombre inhabituel de secousses plus petites [plus de 50 000, le nombre le plus élevé depuis le début des enregistrements numériques en 1991].

L’activité sismique s’est depuis déplacée de plusieurs kilomètres au sud-ouest, se concentrant autour du mont Fagradalsfjall, où du magma a été détecté à un kilomètre seulement sous la surface de la Terre, ces derniers jours.

L’Islande compte 32 volcans actuellement considérés comme actifs, le nombre le plus élevé d’Europe. Le pays a enregistré une éruption tous les cinq ans en moyenne.

La vaste île, près du cercle polaire arctique, chevauche la dorsale médio-atlantique, une fissure au fond de l’océan séparant les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine.

Le déplacement de ces plaques est en partie responsable de l’intense activité volcanique de l’Islande.

L’éruption la plus récente a eu lieu à Holuhraun, commençant en août 2014 et se terminant en février 2015, dans le système volcanique de Bardarbunga, dans une zone inhabitée au centre de l’île.

Cette éruption n’a pas provoqué de perturbations majeures en dehors du voisinage immédiat.

Mais en 2010, une éruption au volcan Eyjafjallajökull a envoyé d’énormes nuages de fumée et de cendres dans l’atmosphère, perturbant le trafic aérien pendant plus d’une semaine, provoquant l’annulation de plus de 100 000 vols dans le monde et bloquant quelque 10 millions de passagers.