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La lecture culturelle des jeunes caquistes

La lecture culturelle des jeunes caquistes
Photo Daphnée Dion-Viens

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Ainsi, selon un article de La Presse, les jeunes caquistes « demandent au gouvernement Legault de charger des experts de créer une liste de livres québécois incontournables à lire dans les écoles primaires et secondaires. »

Qu’est-ce qu’un livre « québécois » ? Et en quoi est-il « incontournable » ?

Veiller à la promotion de la culture, c’est une chose, mais imposer des œuvres, ça ouvre malheureusement la porte à plusieurs dérives possibles.

« En sélectionnant de grandes œuvres littéraires que tous les élèves du Québec seront appelés à lire, on assurera mieux que jamais la vivacité de notre culture », affirme la Commission de la relève de la CAQ.

« Notre » culture se référant à quoi ou à qui exactement ?

Supposons qu’on réussisse à s’entendre - ce qui est impossible - quelle sera la suite logique afin d’assurer mieux que jamais la vivacité de notre culture ? 

Imposer des pièces musicales dans le cours de musique ? La Bolduc, Corbeau, Loco Locass, Georges Thurston ou Kashtin ? Ou encore une série d’artistes incontournables dans le cours d’arts plastiques ? Fortin, Pellan ou Vaillancourt ?

Du Kin-Ball ou de la crosse en éducation physique ? Et pourquoi pas l’analyse de l’évolution du Ski-Doo dans le cours de sciences et technologie ? 

Il ne faudrait surtout pas oublier le parascolaire ! On oblige les jeunes à s’inscrire dans une équipe d’impro ?

Je caricature, mais à peine... 

Et l'expertise pédagogique et le jugement professionnel des enseignants quant au choix du matériel utilisé dans leur classe... On fait quoi avec ça ?

Bref, la gang, ça ira avec une simple liste de suggestions. 

Le seul point où nous pouvons nous mettre d’accord est le suivant : les élèves doivent lire des œuvres francophones. 

Vous voulez savoir ce qu’est une véritable aberration ? Voir un prof d’anglais modifier le choix de l’un de ses livres parce que le prof de français a déjà choisi la traduction pour ses élèves. Ça, c’est triste pour la culture de nos jeunes.

Une fois cela dit, il s’agit de la fin d’une discussion possible quant à cette proposition stérile des jeunes caquistes. 

Si vraiment « l’une des premières missions de l’école est d’être un lieu de transmission de la culture... », il y a du pain sur la planche mes amis. Il faudrait surtout s’interroger sur le fait que l’école s’éloigne de plus en plus de cette noble mission depuis des décennies.

Jeunes caquistes, la lecture vous intéresse ?

Je vous suggère donc de débuter par le livre de votre chef spirituel, celui du ministre de l’Éducation. Vous pourrez ainsi discuter des éléments qui nous permettront d’amener l’école à remplir cette fameuse mission souhaitée (et toutes les autres). Ensuite, on pourra débattre de vos propositions.

Il sera peut-être enfin possible de construire - ensemble - une liste des choses à faire en éducation pour le bien de nos enfants, de nos adolescents et de notre société.