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La tête brûlée de l’Université d’Ottawa

Amir Attaran
Photo courtoisie Amir Attaran

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Décidément, l’Université d’Ottawa attire des personnages sulfureux en plus des étudiants woke, qui prennent plaisir à bâillonner leurs professeurs.

Le professeur de droit et de médecine Amir Attaran n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il accuse le Québec de « lynchage médical » envers des autochtones en référence à Joyce Echaquan, qui, avant de mourir, fut injuriée par des membres du personnel médical de l’hôpital de Joliette. Il y a quelques jours, Jocelyne Ottawa, une autre Attikamek, a subi, toujours à Joliette, mais cette fois dans le CLSC, des commentaires de deux infirmières qui ont pratiqué un humour plus que douteux à son endroit et qui ont été congédiées.

Ce professeur américain n’en est pas à ses premières insultes envers les Québécois. Mais alors qu’il qualifie le premier ministre François Legault de suprémaciste blanc, on pourrait reprendre à son compte la phrase que Maurice Duplessis a utilisée pour dénoncer les intellectuels « pelleteux de nuages » : « L’instruction, c’est comme la boisson forte, y en a qui ne portent pas ça. »

Car ce professeur est bardé de diplômes. Né en Californie, il détient un baccalauréat en sciences de Berkeley, une maîtrise en sciences biomédicales de CalTech, un doctorat d’Oxford, et il a poursuivi des études en droit à l’université de Colombie-Britannique. Il est membre du Barreau de l’Ontario.

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Accusations

Tout cela pour dire que le racisme n’est pas réservé aux personnes non scolarisées. D’ailleurs, Attaran compare le nationalisme québécois au nationalisme des trumpistes. Il a aussi déclaré que son expérience d’homme brun (ses parents sont iraniens) à l’Université d’Ottawa, qui est bilingue, l’amène à conclure que ceux qui dans l’université s’adressent à lui en disant « bonjour » sont des « racistes ».

L’on se souviendra qu’en septembre dernier le recteur Jacques Frémont n’avait pas appuyé la professeure Verushka Lieutenant-Duval suspendue après avoir prononcé le « mot en N » dans un cours. Or, l’Université d’Ottawa a affirmé que le genre de propos du professeur Attaran était offensant, mais son directeur des communications, et non le recteur resté dans l’ombre cette fois, a ajouté : « comme université, il ne nous revient pas de s’interposer (sic) entre la communauté et les vues jugées controversées [...] ni d’interférer avec la libre expression. »

Il faut alors conclure qu’entre la professeure qui avait prononcé le « mot en N » et Amir Attaran qui qualifie François Legault de « suprémaciste blanc », ce n’est qu’une question de vocabulaire.

Appuis

Nous savons que les quelques dizaines de professeurs francophones qui avaient appuyé publiquement leur jeune collègue ont été aussi qualifiés de racistes. Il y aurait bien une frontière donc à l’intérieur même de la communauté universitaire.

Il faut dénoncer ces propos d’un professeur, qui semble déterminé à insulter le Québec dont il ne connaît, à l’évidence, ni l’histoire ni la politique. Et comment expliquer qu’à travers le Canada autant d’intellectuels et de journalistes demeurent cois devant un professeur bardé de diplômes qui affirme que le racisme est inscrit dans la nature même des Québécois ?

Combien de temps encore subirons-nous ce mépris ?

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