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Un 6e féminicide en moins de deux mois au Québec

Un 6e féminicide en moins de deux mois au Québec
Photo Agence QMI, Maxime Deland

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Le meurtre d’une mère de famille à Saint-Léonard vendredi est le sixième féminicide à survenir en autant de semaines au Québec, une situation très préoccupante aux yeux des organismes d’aide en violence conjugale.

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En moyenne, au Québec, 12 femmes perdent la vie aux mains d’un conjoint ou d’un ex-conjoint chaque année. 

« En six semaines, on est déjà à la moitié de ce chiffre. C’est très inquiétant », s’alarme Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes. 

Depuis la mi-février seulement, des meurtres conjugaux ont eu lieu à Kuujjuaq, Saint-Hyacinthe, Laval et Sainte-Sophie. 

Mme Monastesse constate également une recrudescence d’appels dans les maisons d’hébergement et à SOS violence conjugale, ce qui laisse croire que « la situation est critique ». 

Des facteurs de risque négligés

Dans 60 % des homicides commis dans un contexte conjugal, plus de 12 facteurs de risque n’avaient pas été pris en compte pour prévenir le drame, selon la directrice. 

« Ça peut être une séparation ou encore des antécédents de violence, comme c’est le cas pour le suspect du double meurtre à Sainte-Sophie, souligne Manon Monastesse. Quand on regarde les faits après coup, on voit les mêmes patterns, les mêmes trous dans le filet de sécurité. C’est toujours la chronique d’une mort annoncée. »

Et le déconfinement fait craindre le pire aux organismes, qui redoutent que des hommes violents réagissent à « la perte de contrôle sur leur conjointe ».  

« Les partenaires violents se servent de tout et de rien pour gagner du pouvoir dans la relation. Et ils ont pu se servir de la pandémie pour cela. Depuis un an, ils ont l’habitude d’avoir un contrôle absolu sur leur conjointe », explique Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique à SOS violence conjugale.

Aux femmes qui vivent de la violence dans une relation amoureuse, elle conseille de se tourner vers les bonnes ressources. 

« On est là pour mettre en place des moyens afin d’assu-rer une sécurité, par exemple si une femme [veut] mettre fin à sa relation », dit-elle.