/misc
Navigation

Condamnés à changer

Coup d'oeil sur cet article

Sans changement, point de salut pour le Parti conservateur. 

C’est le principal message qu’a livré, hier, le chef Erin O’Toole à ses militants dans un discours très attendu lors d’un congrès qui se termine aujourd’hui. 

Les mots pour le dire ne portaient pas à interprétation. 

Les conservateurs se dirigent tout droit vers une autre défaite électorale aux mains de Justin Trudeau, s’ils emploient encore la même recette, a-t-il martelé.

M. O’Toole a donné le ton dès le début. « Le Canada a changé. Notre parti doit changer aussi », a-t-il lancé d’entrée de jeu. Et de poursuivre : « Nous avons perdu deux élections en cinq ans et demi. Pendant ce temps, nous avons eu quatre chefs. » 

« Il faut présenter de nouvelles idées, pas offrir les mêmes arguments en espérant que plus de Canadiens porteront attention à nous. »

Le constat pourra sembler brutal pour certains partisans conservateurs habitués à leurs pantoufles. Certains conservateurs sociaux, par exemple, en seront peut-être même rebutés. 

Ce constat, toutefois, n’en est pas moins évident. On dit que la folie consiste à refaire sans cesse la même chose, mais en espérant un résultat différent...

M. O’Toole a servi un cruel avertissement à ses troupes. Le Parti conservateur, a-t-il dit, peut battre Justin Trudeau seulement s’il a le courage d’évoluer.  

Zones d’ombre

À quoi ressemble cette refondation ? C’est beaucoup moins clair. 

Certes, M. O’Toole a présenté certaines idées plus ou moins concrètes qui plairont à sa base. Une nouvelle loi anticorruption, l’équilibre budgétaire au cours de la prochaine décennie, des investissements dans la santé mentale.

Mais beaucoup de chemin reste à faire. 

M. O’Toole a en quelque sorte préparé le terrain dans le but de repositionner son parti afin de le rendre plus séduisant aux yeux des électeurs modérés. Il a défriché et élevé une partie de la charpente. 

Mais cette nouvelle maison conservatrice dans laquelle O’Toole nous invite demeure largement en chantier. Et on ne parle même pas des meubles et de la déco. 

M. O’Toole promet des idées « audacieuses » qui sauront répondre à ce qu’il a déjà identifié comme étant la question de l’urne : « Quel parti va offrir aux Canadiens un avenir économique stable après la COVID-19 ? » 

On comprend qu’il sentait le besoin de préparer le terrain auprès de ses membres.

Le discours de M. O’Toole n’est pas exempt de contradictions. Il accuse les libéraux de vouloir « réimaginer » l’économie, tout en promettant un ambitieux plan de relance qui créera un million d’emplois. 

Il s’engage à proposer un plan vert crédible, mais soutient que l’économie est « plus importante » que les changements climatiques.

O’Toole semble avoir identifié le terrain où il souhaite ériger sa demeure. Mais aura-t-il le temps d’en compléter la construction avant le prochain scrutin ?