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De plus en plus difficile d’obtenir des prix garantis

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Avec l’inflation rapide que connaît l’industrie, il est de plus en plus difficile d’obtenir la moindre garantie au Québec sur les prix des planches, contre-plaqués, madriers, poutres... En fait de tout produit de bois d’œuvre destiné à la construction ou à la rénovation.

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« Chez nous, on ne prend plus de chances. Au-delà d’une semaine, on ne garantit plus les prix. Il y a trop à perdre », explique le conseiller de l’un des magasins de l’enseigne Réno-Dépôt que nous avons visités. 

« Auparavant, les prix ne changeaient pas vraiment, ou très lentement. On pouvait les garantir pour un mois, voire plus. Mais maintenant, les variations de prix sont trop importantes. Un 2x4 de 7,60 $ aujourd’hui pouvait être vendu à 3,50 $ il y a un an. Ça change tout pour le client... et pour nous ! »

Chez Langevin Forest, une quincaillerie indépendante de renom à Montréal, on ne se surprend guère que des concurrents commencent à adopter de telles mesures. 

« Chez nous, nous offrons encore la garantie habituelle de 30 jours sur les prix, affirme son directeur général, Marc-André Bélisle. Mais je ne vous cache pas que l’on se questionne comme plusieurs sur le sujet et qu’il n’est pas exclu que le contexte nous force à changer de façon de faire en cours d’année. »

Cinq jours pour accepter

La direction de Lowe’s Canada, qui a racheté RONA il y a quelques années, reconnaît aussi que l’industrie du bois est effectivement sous pression et que, en conséquence, plusieurs détaillants ne sont pas en mesure d’offrir une garantie de prix. 

Dans ses magasins corporatifs, soit le tiers d’entre eux, les entrepreneurs bénéficient actuellement d’un délai de 5 jours pour accepter une offre, qui devra être obligatoirement payée dans les 30 jours suivants. 

Le PDG de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau, ne s’étonne pas vraiment de voir certains de ses membres adopter pareilles précautions. 

« Dans le contexte actuel, c’est là une des seules façons à leur disposition pour se protéger. »

En pareille période, les entrepreneurs en construction doivent aussi prendre leurs précautions vis-à-vis de leurs clients et le risque réel de poursuite des flambées des prix, conseille à ses membres le PDG de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, Éric Côté. Négliger de le faire, dit-il, peut réserver de mauvaises surprises.