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Erin O’Toole a été à la hauteur

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Un congrès des membres est toujours un moment charnière pour un chef de parti. Encore plus quand c’est le premier congrès du nouveau chef. 

Hier soir, tous les yeux étaient [virtuellement] rivés sur Erin O'Toole. Son discours était le moment fort du rassemblement de la droite canadienne.

Les attentes étaient élevées. M. O'Toole a bien performé. 

Pour la première fois depuis son élection comme chef, il nous a dévoilé une partie de son plan de match. 

Il a présenté un plan en cinq points pour faire face à l’après-pandémie: les emplois et la reprise économique, une nouvelle loi anticorruption, le bien-être et la santé mentale des Canadiens, une préparation adéquate pour faire face à toute prochaine crise sanitaire, et le retour à l’équilibre budgétaire d’ici une décennie

Son plan nous aide à mieux comprendre comment il compte aider les Canadiens à se sortir de la pandémie.

Cependant, il manquait des éléments dans son discours. Quelle est sa quête? Qu'est-ce qui le motive à vouloir devenir premier ministre? Il aura la chance de répondre à ces questions dans les prochaines semaines et durant la campagne électorale.

Le changement

D’entrée de jeu, le chef conservateur a lancé un message puissant, autant aux membres de son parti qu’à l’ensemble des Canadiens: «Le Canada a changé. Notre parti doit changer aussi.»

Le ton était donné. M. O'Toole sait que la recette conventionnelle utilisée par les conservateurs pour gagner des élections doit être améliorée. Cependant, il aurait été intéressant d’entendre davantage M. O’Toole nous dire de quelle façon le Parti conservateur doit changer. 

Parlant de changements, M. O'Toole a été sans équivoque en ce qui concerne les changements climatiques: «Nous voulons tous un avenir vert pour nos enfants. Nous ne pouvons ignorer la réalité du changement climatique. C’est la fin du débat.»

Le député ontarien promet un plan ambitieux. Il peut être assuré que les médias et les analyses vont attendre son plan avec impatience.

La nation québécoise

Comme il l’a fait durant la course à la chefferie, Erin O'Toole a tendu la main à la nation québécoise: «C’est pourquoi j’invite les nationalistes québécois, fédéralistes ou autonomistes, à venir partager le pouvoir avec moi à Ottawa.»

M. O'Toole n’a pas manqué l’occasion d’attaquer le Bloc québécois en mentionnant «qu’il ne peut pas livrer la marchandise» et que, bien entendu, la formation souverainiste ne peut pas prendre le pouvoir.

Le chef conservateur devra répéter cette ligne très souvent. Les conservateurs ne pourront jamais être plus nationalistes que les bloquistes, mais ils sont les seuls qui peuvent remplacer Justin Trudeau et les libéraux.

Le caucus

Au cours des dernières semaines, on a vu dans les médias que plusieurs membres du caucus (de façon anonyme) exprimaient leur mécontentement à propos de la performance de leur chef.  

Maintenant, ceux-ci doivent rentrer dans les rangs. Ils doivent appuyer leur chef sans hésitation. Sinon, ils vont courir à la perte de leur chef et de leur parti, et ce, en plus de courir à leur propre perte en risquant de ne pas se faire réélire. 

Les conservateurs sont tous dans le même bateau, et la tempête électorale approche à grands pas. C’est le temps pour eux de se serrer les coudes.

La suite...

Dans quelques heures, le congrès sera un élément du passé pour M. O’Toole. Avec cette étape franchie, il devra mettre sa précampagne en marche. 

Le discours qu’il a livré vendredi soir était seulement le premier kilomètre d’un long chemin qui pourrait le mener à devenir premier ministre du Canada.

M. O’Toole devra bientôt nous présenter son équipe. Il sera très important de nous présenter qui pourrait devenir le prochain ministre des Finances dans un gouvernement conservateur.

Après des semaines périlleuses, le congrès aurait pu être fatal pour Erin O’Toole. Cependant, grâce à sa bonne performance, il est toujours vivant et il peut regarder en avant.