/weekend
Navigation

Étienne Drapeau fait le pont avec son nouvel album

Coup d'oeil sur cet article

En 1992, le réalisateur Rick Rubin – surtout connu pour ses productions rap et métal – retombe en amour avec Johnny Cash lors d’une prestation pour un hommage à Bob Dylan. À l’époque, l’étoile de l’Homme en noir était plutôt pâlotte tant le cowboy était affecté par des problèmes de santé, voire d’estime, tant ses récentes offrandes ont été écartées du revers de la main par la critique et le grand public. 

Étienne Drapeau  

Photo courtoisie

★★★

Le pont

Rassuré par Rubin, Cash a non seulement pris le risque d’endisquer avec celui-ci, mais de le faire sans fard ni accompagnateurs. Sa voix éraillée, sa guitare, des chansons. That’s it

Deux années plus tard, American Recordings allait relancer la carrière de Cash en plus de confirmer le génie de Rubin, réalisateur qui allait ensuite œuvrer avec d’autres légendes vivantes à la Tom Petty ou encore à la Lucinda Williams tout en collaborant avec la gent plus alternative.

DR BÉGIN ET M. DRAPEAU

Des décennies plus tard, Étienne Drapeau – chanteur pop fort apprécié de monsieur et madame Tout-le-monde – fait également sourciller en recrutant Claude Bégin pour la production de son nouvel album Le pont. C’est connu, outre sa carrière pop solo fort enviable, Bégin est un réalisateur émérite – ses collaborations avec Karim Ouellet en témoignent – en plus d’être un des minces d’Alaclair Ensemble.

Bref, c’est une coopération qui est aussi inattendue qu’excitante. Est-ce que le « swag » et l’expérience de Bégin éveilleront la bête en Drapeau ?

Pas tant, finalement. 

Peut-être est-ce moi qui avais trop d’attentes à l’idée de ce « clash », mais Le pont demeure diablement doucereux et beaucoup trop sage, autant au niveau des musiques que des textes. Sans être un bide — le succès du single Je serai là en témoigne déjà —, Le pont fait du surplace pour Drapeau, malgré son titre pointant vers l’aventure ou, du moins, le mouvement. 

C’est du très bon boulot, mais j’espérais visiblement plus de la somme de ces deux personnages majeurs de la pop du moment.  

Serj Tankian  

Photo courtoisie

★★★

Elasticity

Prolongeant ses vacances loin du micro de son groupe culte, l’imprévisible Serj Tankian revient à son projet solo avec Elasticity, un maxi répondant à nouveau à la sempiternelle question : « Pourquoi n’endisque-t-il pas ces chansons en compagnie de System Of A Down ? » Faisant écho à la douce folie des B-52s (oui, oui) et à celle plus survoltée — et électro — de Mindless Self Indulgence, Elasticity compte parmi les œuvres les plus éclatées de Tankian, tant les idées pullulent, s’entrechoquent et laissent souvent les mélomanes pantois tant l’enchaînement est hétéroclite. Pour les fans surtout. 

P’tit Belliveau  

Photo courtoisie

★★★ 1/2

... chante Baptiste

L’auteur-compositeur-interprète iconoclaste étonne en rebondissant sur le succès de son fameux album Greatest Hits Vol. 1 avec un maxi de reprises de Baptiste Comeau, crooner country underground de Baie-Sainte-Marie, également le lieu de naissance du principal intéressé. Même sans la référence, ... chante Baptiste s’avère intriguant et captivant, alors que l’artiste propose un country décalé flirtant aussi avec le vaporwave. Un EP qui risque de diviser, certes, mais t’sais, c’est le propre des grandes œuvres. 

Alice Phoebe Lou  

Photo courtoisie

★★★★★

Glow

Après les Billie Eilish ou encore Phoebe Bridgers, voici une autre prodige à surveiller de près : l’autrice-compositrice-interprète sud-africaine Alice Phoebe Lou qui pourrait bien atteindre le grand public avec ce troisième album envoûtant. Combinant des éléments pop, R&B, électro, rock, et j’en passe, l’artiste offre une œuvre souvent planante, toujours accrocheuse. À titre de référence locale, les inconditionnels de Klô Pelgag vont tout particulièrement apprécier.

Coup de coeur  

LES SHIRLEY

Photo courtoisie

★★★★ 1/2

Forever is Now

Je dois vous avouer que j’ai – pour reprendre l’expression populaire – « dormi sur la switch » en ce qui concerne le trio rock local Les Shirley tant le nom du groupe m’inspirait des images de projets ironiques. Imaginez-vous un groupe rock qui s’appellerait Les André. Écouteriez-vous ça ? C’est ce que je pensais. Avec ce second maxi en carrière, le combo dissipe mes pensées mal avisées avec un feu roulant combinant skate punk, hard rock et garage rock. Besoin de références ? Les Shirley, c’est aussi The Runaways qui « jamment » avec Danko Jones et Blink-182, genre. Ça lance bien le printemps, bref.