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Remercions ce prof qui vomit sur le Québec

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Savez-vous quoi ?

Plus j’y pense, plus je trouve qu’on devrait remercier Amir Attaran, le prof de l’Université d’Ottawa qui ne cesse de vomir sur le Québec. Car il nous permet de savoir ce que beaucoup de Canadiens anglais pensent du Québec. 

Et d’entendre ce que ces fiers Canadians disent de nous quand ils sont entre eux, derrière des portes closes. 

LE CANADA A MUTÉ

On a beau trouver ce prof de médecine et de droit odieux et détestable, il faut lui reconnaître une grande qualité. Il ne tourne pas autour du pot. 

Quand il parle du Canada, il n’hésite pas à appeler un chat un chat.

« Le Canada est un pays multiculturel », martèle-t-il sans cesse. 

Si vous n’adhérez pas au crédo du multiculturalisme, vous n’êtes pas dignes de faire partie de ce beau et grand pays. 

En fait, ce que nous dit Amir Attaran, c’est que le Canada a muté.

Nous sommes maintenant face à un « variant » du pays que nous avons connu quand nous étions jeunes.

Terminée, la notion des « deux peuples fondateurs », qui, de tout temps, a constitué le cœur même du Canada. 

Cette notion est dépassée, périmée.

Désormais, comme l’a déclaré Justin Trudeau au New York Times, le Canada est le premier pays postnational au monde.

Comprenez : sans identité propre. 

Il y a des Canadiens qui parlent anglais, des Canadiens qui parlent français, des Canadiens qui parlent mandarin, des Canadiens qui parlent hindi, des Canadiens qui parlent arabe... 

Et tous ces groupes s’équivalent, ils ont tous le même poids historique et ont tous joué le même rôle dans la construction du Canada.  

Il n’y a plus de « nation anglophone » ou de « nation francophone ». Les seuls groupes qui peuvent revendiquer la notion de nation sont les communautés autochtones. 

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TERRE DES HOMMES

Le Canada n’est plus un pays, c’est une expo universelle, comme Terre des hommes, en 1967. 

Il y a le pavillon de la Russie, le pavillon de la Chine, le pavillon de l’Allemagne, le pavillon du Québec...

Aucun n’est plus important que l’autre. 

Si j’étais un Québécois fédéraliste, je me poserais de sérieuses questions. 

En effet, avant, les Québécois attachés au Canada pouvaient dire : « Nous pouvons tirer notre épingle du jeu et nous épanouir en tant que peuple en restant dans la Confédération, après tout, nous sommes l’un des peuples fondateurs ! »

Mais maintenant ? Avec cette mutation ?

La version « attarienne » du Canada est simple : ou les Québécois francophones descendent de leurs grands chevaux, cessent de revendiquer un statut « distinct » et acceptent de se considérer comme l’un des nombreux groupes ethniques formant cette belle entité postnationale qu’on appelle « Canada ».

Ou ils quittent le Canada et nous sacrent la paix. 

Il n’y a plus d’entre-deux.

Soit les Québécois prennent leur trou, soit ils prennent leurs valises. 

Ça a le mérite d’être clair. 

C’est ça, le Canada d’Amir Attaran.

C’est ça, le Canada de Justin Trudeau.

Et c’est ça, le Canada d’un nombre de plus en plus important de Canadiens. 

LA BALLE EST DANS NOTRE CAMP

Il est odieux, monsieur Attaran ?

Oui, mais avec lui, au moins, les choses sont limpides.

À nous, maintenant, de décider si on veut rester dans ce pays-là...