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Une vedette de l’immobilier d’ici soupçonnée de fraude

Jocelyn Grégoire
Photo courtoisie Jocelyn Grégoire, influenceur immobilier.

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Une vedette québécoise de l’immobilier qui était propriétaire de près de 1000 logements l’an dernier est soupçonnée par un juge de liquider ses actifs dans le but de se soustraire à la justice.

Le fondateur du magazine Les Mordus d’immobilier, Jocelyn Grégoire, a été visé dans les derniers jours par une ordonnance de type Mareva émanant de la Cour supérieure. 

D’autres personnes, dont l’homme d’affaires Daniel Jutras et plusieurs compagnies à numéro, sont également dans la mire.

Une ordonnance de type Mareva est une mesure rare prise en l’absence des personnes concernées. Elle ne tranche pas le fond du litige.

Cette ordonnance empêche notamment Grégoire de se départir d’actifs, dont près de 30 immeubles à Montréal et sur la Rive-Sud, et de comptes bancaires.

Grégoire et d’autres sont soupçonnés par le juge Michel Yergeau d’être en train de camoufler des biens de leur patrimoine ou d’en réduire la valeur « de façon à déjouer l’exécution d’un éventuel jugement ».

Rappelons qu’un groupe d’investisseurs a déposé l’an dernier une poursuite de près de 8 millions $ contre Grégoire, Jutras et des entreprises, relativement à la vente de franchises Crackboom. Ce concept d’écrans publicitaires numériques est installé dans des commerces.

Ces investisseurs allèguent avoir été dupés pour investir dans ce qui est décrit comme une « escroquerie ».

« Les actes allégués et la preuve administrée font apparaître des comportements répétés et une structure cohérente permettant de croire à cette étape que les parties défenderesses entretiennent ou ont entretenu des activités louches et frauduleuses et font ou ont fait preuve de mauvaise foi à l’égard des parties demanderesses », dit le juge.

Probité en doute

Les allégations de la poursuite « questionnent sérieusement la probité des parties défenderesses, et en particulier celle des défendeurs Jocelyn Grégoire et Daniel Jutras et de la défenderesse Alexandra Philibert [la conjointe de Jutras] », ajoute-t-il.

Notre Bureau d’enquête avait rapporté en novembre que Grégoire était visé par des poursuites. Dans un livre publié l’an passé, De Bum à millionnaire, il indiquait avoir déjà fait de la prison et eu des liens avec le crime organisé.

Selon les allégations d’investisseurs, Grégoire aurait notamment vendu le Carrefour des érables, un ensemble de 419 logements à Longueuil, pour 47 M$, « mettant en péril le dernier espoir pour les demandeurs de recouvrer leur créance potentielle ». Il y aurait également eu « transfert d’actifs à travers [d]es sociétés-écrans de Jutras ».