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À Marseille, des milliers de personnes font fi des restrictions anti-COVID-19 pour le carnaval

À Marseille, des milliers de personnes font fi des restrictions anti-COVID-19 pour le carnaval
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Déguisées en tournesol, en boulanger ou en gorille, environ 6500 personnes, quasiment toutes jeunes et non masquées, ont défié dimanche à Marseille (sud) les restrictions sanitaires contre la COVID-19 pour un carnaval non autorisé qualifié d’«exutoire», mais jugé totalement «irresponsable» par la police. 

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«Les jeunes en ont marre d’être confinés. Il n’y a pas de personnes âgées fragiles, là, que des jeunes», lâche Romain, 26 ans, un des fêtards réunis dans le centre de la deuxième ville de France pour un cortège avec plumes et paillettes et beaucoup de déguisements faits maison, comme ces coiffes en carton en forme de poissons.

À Marseille, des milliers de personnes font fi des restrictions anti-COVID-19 pour le carnaval
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Partant du quartier de La Plaine, le défilé a glissé dans l’après-midi dans la rue d’Aubagne, toujours dans le centre, où des habitants n’ont pas hésité à mettre des enceintes sur les rebords des fenêtres transformant la chaussée en plancher de danse géant.

«C’est incroyable! On m’avait dit "il y a un truc à ne pas louper à Marseille, c’est le carnaval de la Plaine"», poursuit Romain, déguisé en boulanger avec un maillot de Zinédine Zidane sous son tablier, mais qui préfère taire son nom de famille.

À côté de lui passent des gorilles, un faux Didier Raoult (l’infectiologue en poste à Marseille), la plupart sans masque malgré la densité du cortège.

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«Je connais plein de potes qui partent à Madrid où tout est ouvert donc ça fait du bien de voir ça», estime de son côté Quentin, interne en médecine de 26 ans qui a son masque... de lion et préfère lui aussi ne pas donner son nom de famille.

«C’est un évènement non déclaré qu’on ne juge pas du tout responsable, car les gestes barrières ne sont pas respectés. Nous effectuons des contrôles aux abords du cortège, notamment sur le port du masque et les contrevenants seront verbalisés», a indiqué à l’AFP la préfecture de police dans un premier temps, estimant le nombre de participants à 6500.

À Marseille, des milliers de personnes font fi des restrictions anti-COVID-19 pour le carnaval
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La pression augmente encore sur les services de réanimation en France avec plus de 4400 malades de la COVID-19, soit le chiffre le plus élevé depuis fin novembre, selon les chiffres de Santé publique France publiés dimanche.

À grands cris de «Venez, on descend sur le Vieux-Port», les carnavaliers déchaînés ont ensuite descendu la Canebière sous le regard parfois médusé des promeneurs du dimanche. Et ils ont brûlé leurs traditionnels chars, certains montant sur le manège à côté en dansant sur les barres du carrousel.

«Exutoire»

Samuel, dans la foule, est un des rares avec un enfant. «J’avais un peu peur, du coup j’avais double masque», un contre la COVID et un Vénitien pour le carnaval.

«C’est très fort, il y a comme une catharsis, tout le monde est là, se retrouve. Un peu comme un jour exutoire où tout est permis», commente Samuel, qui ne souhaite pas non plus décliner son identité complète.

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Mais, comme d’autres, il se demande si cette entorse collective aux règles ne risque pas d’accélérer un resserrement des restrictions ici.

«À Dunkerque, il y a eu des titres sur le fait que des gens auraient fêté le carnaval en cachette, et juste derrière il y a eu des restrictions supplémentaires», ajoute-t-il.

Vers 18h30 [13h30 au Québec], les forces de l’ordre sont intervenues à deux pas du Vieux-Port pour disperser le rassemblement et sept personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

Marseille n’est pas concernée par les nouvelles restrictions entrées en vigueur samedi pour au moins quatre semaines dans 16 départements, dont les Alpes-Maritimes proches.

Mais les restrictions habituelles pour lutter contre la propagation de la COVID-19 s’y appliquent, dont la limitation des rassemblements et le port obligatoire du masque.

L’année dernière le carnaval de La Plaine avait été annulé avec le premier confinement.

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