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La force du sacré

Harry Connick Jr
Photo courtoisie Harry Connick Jr.

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On a tous du trouver une métaphorique bouée pour traverser cette tempête qu’est la pandémie. Pour Harry Connick Jr., c’est la foi qui est salvatrice depuis un an, et ce, au même titre que la musique.

« Bonjour ! Comment ça va ? » lance tout de go Harry Connick Jr. dans un français irréprochable. 

Puis, il se ravise, ne serait-ce que pour tempérer les attentes. 

« Je parle un peu français, mais c’est très difficile pour moi », précise-t-il, dans un parler tout aussi impeccable, mais cette fois-ci teinté d’hésitation. 

Natif de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, Harry Connick Jr. a appris la langue de Molière avec facilité sur les bancs d’école alors qu’il était enfant. Ses origines, d’ailleurs, remontent jusqu’ici, au Québec, où est née son arrière-grand-mère. 

« On est peut-être de distants cousins, qui sait », laisse-t-il tomber en riant. 

Toucher au sacré

Mais trêve de plaisanterie. La raison de cette visioconférence avec Le Journal ? La sortie de son album Alone With My Faith, déposé hier dans les bacs, où Harry Connick Jr. troque le répertoire crooner pour celui de la musique chrétienne et de ses sonorités gospel. 

Il y a longtemps que ce type de projet lui trotte dans la tête, le chanteur ayant toutefois toujours cru qu’il verrait le jour dans un avenir plus ou moins rapproché. Mais ça, c’était avant que la pandémie ne le pousse à revoir son plan. 

Pourquoi ? Parce que, outre sa conjointe et leurs trois filles, c’est sa foi qui permet au chanteur de traverser la pandémie. 

« Après quelques semaines seulement, j’ai décidé de profiter de ce temps d’arrêt pour écrire de la musique. Une première chanson m’est venue. Puis une deuxième. Et ainsi de suite. J’ai rapidement réalisé qu’un album entier se dessinait devant moi », raconte-t-il. 

Ces nouvelles chansons, elles traitent du sacré, certes, mais sans forcément abonder invariablement dans le même sens. Parce qu’il l’avoue : bien que sa foi ne l’ait jamais quitté, elle a été ébranlée. Questionnée. Remise en question. Et la musique lui a, pour une toute première fois, permis de mettre les mots sur ce cheminement.

« C’est la première fois que ça m’arrive. En temps normal, quand je traverse une période difficile, la dernière chose dont j’ai envie, c’est de chanter. Bref, je ne suis pas quelqu’un qui se sert de la musique dans les moments difficiles. Mais là, tout était différent. Il y avait cette peur latente, ce sentiment d’incertitude... Et ça m’a réellement fait du bien de me retrouver en studio à travers tout ça », estime-t-il. 

Question de perspective

C’est ainsi que sont nées une poignée de chansons originales, intitulées Alone With My Faith ou encore Benevolent Man . Puis, pour compléter l’exercice, c’est vers les classiques du genre qu’il s’est tourné, choisissant de se délier les cordes vocales sur Amazing Grace et autres Panis Angelicus. 

Ces deux derniers titres représentent en quelque sorte un retour en terrain connu pour Harry Connick Jr., lui qui a par le passé revisité avec un succès monstre les répertoires d’innombrables immortels de la trempe de Cole Porter, Frank Sinatra ou encore Édith Piaf. 

Le chanteur avoue que rien ne l’intimide. Pas même les titres jugés intouchables par d’autres. Tout est une question de perspective, selon lui. 

« Quand j’ai chanté La vie en rose, je savais très bien que c’était impossible de le faire mieux qu’Édith Piaf elle-même. Alors je ne dois pas chercher à positionner la version que j’en fais parmi toutes les autres. Peut-être que certains adoreront ce que j’en fais. Peut-être que d’autres détesteront. Et c’est très bien ainsi. Tant que je demeure fidèle à mon émotion, à ma propre perspective, c’est tout ce qui compte », avance-t-il. 


L’album Alone With My Faith est présentement disponible.