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Le grand écart conservateur

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Capture d'écran, Agence QMI Le chef conservateur Erin O’Toole, samedi, lors d’une séance virtuelle de questions-réponses avec des membres de son parti dans le cadre du congrès du PCC.

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Le chef du Parti conservateur a tenté de tourner définitivement la page sur l’ère Harper lors du congrès des derniers jours.

Le message était on ne peut plus clair : le PCC doit changer, sinon les conservateurs sont condamnés à l’opposition.

Une tentative claire d’élargir les appuis d’un parti incapable de tirer profit des dérapages, erreurs et espoirs déçus du gouvernement Trudeau.

Mais, en demandant aux troupes conservatrices de changer, il leur demande de renoncer à une partie de l’ADN qui les anime depuis la fusion de l’Alliance canadienne et du Parti progressiste conservateur. 

Le Québec à bras ouverts

L’importance des deux peuples fondateurs, le français essentiel à l’identité canadienne, le respect de la nation québécoise.

Il faut remonter à Brian Mulroney pour trouver un chef conservateur qui affiche une telle ouverture au nationalisme québécois. 

D’une tactique électorale qu’il faut digérer, O’Toole en fait un principe essentiel de sa vision nationale.

De la musique aux oreilles des conservateurs québécois ? Certes, mais le doute persiste quant à la capacité d’un gouvernement conservateur d’incarner réellement ce rêve canadien.

Car la base conservatrice, elle, a préféré profiter du congrès pour consolider son poids dans l’Ouest canadien et les régions rurales de l’Ontario en modifiant les règles entourant l’élection du prochain chef.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Les cinq priorités

L’ironie, bien sûr, c’est qu’en demandant à ses troupes de se libérer de l’héritage Harper, Erin O’Toole emprunte la stratégie qui avait justement porté le Parti conservateur au pouvoir.

Erin O’Toole a dévoilé vendredi son « Plan de rétablissement du Canada » : emplois, lutte contre la corruption libérale, santé mentale, équilibre budgétaire sur un horizon de 10 ans, protéger le pays contre la prochaine pandémie.

Cinq priorités qui font écho à celles qu’avait articulées Stephen Harper pour imposer ses thèmes lors de la campagne de 2006. Cinq priorités, surtout, pour permettre au PCC de se définir dans l’esprit de l’électorat d’ici les élections. Cinq priorités qui font consensus, mais qui évitent surtout le sujet le plus délicat pour le parti : celui des changements climatiques.

Pourquoi ? Parce que les troupes conservatrices ne semblent pas tout à fait prêtes au grand écart idéologique que leur demande leur chef pour espérer gagner. Pour preuve, elles ont rejeté à 54 % une motion visant à reconnaître que les changements climatiques sont réels.

Il reste donc bien peu de temps à Erin O’Toole pour réconcilier les aspirations de ses militants avec celles du reste de l’électorat.