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De stéréotypes en préjugés

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« Les “Noirs” sont paresseux. Les “Amérindiens” sont dépendants. Les “Blancs” sont tous racistes ». J’en passe... On caricature. On généralise. On stigmatise. On ostracise.

Des observations empiriques aux études scientifiques portant sur la construction de la personnalité psychique de l’individu, il apparaît clairement que nous sommes imbibés de stéréotypes et de préjugés. Tous. Sans exception. Peu importe nos origines ethniques.

Albert Einstein a dit : « Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé »... Un vaste chantier nous attend.

Un mal profond

Dès le stade embryonnaire jusqu’à l’âge adulte, peu importe le pays où nous vivons, nous sommes influencés et structurés par notre propre environnement socioculturel.

Vis-à-vis des autres, nous classifions et faisons des associations découlant de processus conscients et inconscients qui nous sont propres. Il en est généralement de même avec notre groupe culturel d’appartenance.

Dès lors, le regard derrière les « lunettes » que nous portons pour lire « les autres » et leurs agissements est forcément teinté par notre propre vie, notre façon d’être, de penser ou d’agir.

Il faut en être conscient, car il y a de fortes chances qu’en versant dans la généralisation nous nous trompions dans notre lecture.

Ces regards, généralement négatifs, que nous portons sur « les autres » ne rendent pas toujours justice à la réalité. Ce sont des préjugés alimentés par des stéréotypes sortis tout droit de nos cerveaux « conditionnés ».

Les stéréotypes et les préjugés entravent le dialogue, la connaissance et la reconnaissance de nos différences. Ils sont par ailleurs les bassins versants de « nos racismes ».

Les angles morts

Notre patrimoine politique nous rappelle l’inique « loi sur les Indiens », et ses stigmates. Les stéréotypes et les préjugés portant sur les Premières Nations empêchent notamment la connaissance collective de leur histoire. L’ouverture tangible envers elles commencerait par le dépassement des stéréotypes et des préjugés qui leur sont affublés et par l’apprentissage de leur histoire.

On a souvent indexé le « racisme blanc ». Mais on dénonce rarement celui auquel les « Blancs » sont exposés. Il existe bel et bien. Ils ne sont pas, non plus, à l’abri des stéréotypes et des préjugés.

On a aussi négligé l’existence d’un racisme interethnique. Oui, au sein même des « communautés culturelles », il y a des stéréotypes et des préjugés. Et le racisme y est également présent.

Rappelons que sous la houlette de Pierre Elliott Trudeau, le Canada s’est créé un système d’apartheid culturel communément appelé « le multiculturalisme ». Cette idéologie a engendré un « communautarisme culturel », incubateur de stéréotypes, de préjugés, voire de racisme.

Le Québec doit continuer de lui résister en promouvant avec plus de détermination son « vivre ensemble ».

Il faudra prendre de front tous ces enjeux dans le cadre d’une véritable lutte contre le racisme au Québec.