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Haïti: tensions internes dans la police, un agent tué

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Un policier a été tué lundi par des collègues à Port-au-Prince, dans un contexte de vives tensions au sein de la police haïtienne, l’ONU déplorant un nouvel acte de «violence fratricide». 

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Le Bureau des Nations unies en Haïti (Binuh) «est attristé par la nouvelle de la mort d’un officier de la PNH [police nationale d’Haïti, NDLR] ce 22 mars 2021, tué selon les premiers éléments de l’enquête par des collègues», précise-t-il sur Twitter.

«Ces actes de violence fratricide fragilisent la cohésion indispensable à la police afin que l’institution puisse remplir sa mission de servir et de protéger», a ajouté la mission locale de l’ONU, appelant à rechercher des solutions pacifiques.

Sans fournir de détails, le porte-parole de la police haïtienne a confirmé lundi après-midi à l’AFP qu’un policier avait été tué par balle et un autre blessé.

Un groupe contestataire de policiers, baptisé «Fantom 509», a récemment manifesté pour dénoncer la mort d’agents lors d’une opération antigang à l’issue tragique.

Le 12 mars, quatre agents de la police avaient trouvé la mort dans une intervention dans le quartier pauvre de Village de Dieu, où les forces de l’ordre avaient subi l’humiliation supplémentaire de voir des membres de gangs s’emparer de leur matériel.

Si un véhicule blindé a depuis été récupéré par la police, les corps des agents tués et mutilés sont toujours portés disparus.

Cette situation a attisé la colère du groupe Fantom 509, dont certains membres sillonnent la capitale à moto, saisissant les clés de véhicules qu’ils placent au travers des grands axes.

La semaine dernière, des membres de Fantom 509 ont libéré, par la contrainte, plusieurs policiers d’un commissariat où ils étaient retenus pour des motifs encore inconnus.

«Le discours et les agissements de Fantom 509 rejettent les droits de l’homme, la démocratie, la séparation des pouvoirs, l’État de droit, le respect de la discipline et de la hiérarchie au sein de la PNH», a déploré la fondation Je Klere, dans un rapport publié lundi.

Cette organisation haïtienne de défense des droits de la personne se demande «si la police nationale d’Haïti est traversée par un courant fasciste».