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La Ville de Montréal souhaite mettre le français en valeur

La Ville de Montréal souhaite mettre le français en valeur
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Souvent critiquée sur le dossier de la défense de la langue française, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a présenté son plan d’action pour valoriser le caractère unique de Montréal comme métropole francophone en Amérique.

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«Il est fondamental que la métropole française des Amériques donne l’exemple et contribue au rayonnement de notre langue commune», a souligné lundi la mairesse Plante, lors d’une conférence de presse pour présenter son plan grâce auquel elle compte faire du français la «langue du commerce» à Montréal. 

  • Écoutez l'entrevue du président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Ainsi, la Ville souhaite donner l’exemple au sein de sa propre administration en s’engageant à soutenir l'usage du français dans ses différents services. Montréal compte aussi valoriser davantage l’utilisation de la langue française et soutenir les initiatives qui contribuent à sa vitalité.

«Nous croyons qu’on peut faire plus pour promouvoir le français dans notre développement économique, nos relations internationales, le rayonnement de notre culture et notre développement social», estime Mme Plante.

La Ville prévoit également accroître ses actions pour valoriser l’apprentissage du français auprès des nouveaux arrivants et de leur offrir un meilleur accompagnement.

Pour s’assurer de la bonne mise en place de ces différentes mesures, l’administration montréalaise prévoit mettre en place un comité directeur, qui en assurera le suivi et en fera un bilan annuellement.

«Ce plan d’action est à l’image de notre métropole, et vient réaffirmer toute l’importance que la Ville de Montréal accorde au français comme langue officielle, tout en préservant les droits culturels et linguistiques de la communauté anglophone et ceux des nations autochtones», a ajouté la mairesse.

Un plan qui suscite l'intérêt

Au cabinet du ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barette, on indique prendre le temps d’analyser les propositions de l’administration montréalaise.

«La situation actuelle à Montréal est plus qu’inquiétante. Montréal, à titre de métropole du Québec, a un rôle central à jouer pour protéger, valoriser et promouvoir notre langue. Les Québécois s’attendent à ce qu’elle prenne ses responsabilités», a indiqué par courriel l'attachée de presse du ministre, Élisabeth Gosselin.

De son côté, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, accueille d’un bon œil la volonté de la mairie de renforcer la place du français dans le milieu des affaires.

«On est d’accord avec l’objectif que poursuit la Ville en matière de valorisation du français et sur la place prépondérante que doit avoir le français à Montréal dans la vie économique et sociale», a-t-il affirmé.

M. Leblanc remarque par ailleurs que les mesures proposées par la Ville rejoignent un programme récemment mis en place par la CCMM, qui permet à des petites entreprises d’avoir accès à des outils de francisation.

«La Ville veut aller dans la même direction, ce qui est une bonne chose. Plus on va rejoindre largement la clientèle, plus on sera en mesure de les accompagner.»

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Stanké, présidente du Mouvement Québec Français Montréal, avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Montréal souvent critiquée

Le manque d’action de l’administration municipale a souvent été critiqué depuis l’arrivée de Mme Plante à la mairie. En 2018, elle avait été vivement critiquée pour un discours qu’elle avait prononcé uniquement en anglais.

En novembre dernier, notre Bureau d’enquête a publié une série d’articles détaillant les difficultés éprouvées pour se faire servir en français dans plusieurs commerces du centre-ville, à Montréal.

Vendredi dernier, la mairesse affirmait encore que Montréal ne deviendrait pas la «police de la langue» et que ce n’était pas le rôle de la Ville.

Par ailleurs, jusqu’à maintenant, six arrondissements montréalais n’ont pas encore reçu leur certificat de conformité, délivré par l’Office québécois de la langue française, démontrant qu’ils répondent aux exigences de la Charte de la langue française.

Les trois axes du plan d’action de la Ville :  

• L’exemplarité, à travers laquelle l’administration de la Ville souhaite donner l’exemple, notamment à travers ses communications.

• La valorisation, où la Ville déploiera des activités pour promouvoir le français et pour diffuser la culture québécoise.

• L’inclusion, volet ayant pour objectif de favoriser la francisation des nouveaux arrivants.

Des actions concrètes et leur échéancier :  

• Créer un prix de reconnaissance pour récompenser la contribution d’un Montréalais à la valorisation de la langue, vers l’automne 2022.

• S’assurer que les réunions diplomatiques et événements internationaux se déroulent majoritairement en français, d’ici 2024.

• Mettre en place un comité directeur en matière de valorisation de la langue française au sein de la Ville de Montréal, avant la fin de l’année.