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Les Olivier 2021: pouet, pouet, pouet

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Un gala d’humour sans humour. Des capsules enregistrées qui ne font rire personne. Des blagues qui tombent à plat. Un public de 58 personnes (cinquante-huit!!!) qui rit de façon forcée. Qui applaudit sans conviction. 

Le Gala Les Olivier était tellement décevant (et carrément plate) hier soir que je me suis demandé très sérieusement si on n’aurait pas dû tout simplement annuler ce gala en cette année de pandémie. On saute une année et on reprend en 2022. Plutôt que d’avoir un gala plate, on aurait pu envoyer un courriel à tout le monde avec le nom des gagnants et on aurait tous évité de gaspiller deux heures de notre temps.

À quelle heure on rit ?

Il n’y a pas grand-chose qui m’a fait rire au cours de la dernière année. Les pubs du gouvernement avec François Bellefeuille qui riait des mononcles et des matantes à Noël ne m’ont pas fait esquisser un sourire (surtout quand on sait combien elles ont coûté).

Mais je me suis gondolée, bidonnée, crampée, avec essentiellement deux sources :  

1 - L’émission Like-moi! de Télé-Québec et le sketch Salut la gang. Oh que ça a fait du bien de rire des milléniaux, des « woke », des petits lapins, dans ce numéro disjoncté attaquant de front les contradictions de la rectitude politique.  

2 - L’ensemble de l’œuvre d’Arnaud Soly. Quand j’avais un petit coup de déprime, j’allais sur le compte Instagram de ce jeune humoriste et je me délectais de ses vidéos sur les conspirationnistes ou sur les chroniqueurs à potin.

Et il y a un numéro qui m’a à la fois fait rire et émue aux larmes, c’est Ode à la vie de Pierre Hébert. Un bijou, un chef-d’œuvre d’écriture et de performance, une réflexion philosophique qui vous prend aux tripes. 

Heureusement pour moi, les trois ont gagné un prix hier. Ouf. S’il avait fallu qu’en plus d’être ennuyant le gala soit injuste, j’aurais été furieuse.

Par contre, je me pose une question. 

Dans un gala de cinéma, on a droit à des extraits de film pour que tout le monde ait envie de voir le long-métrage au complet. Au gala des Gémeaux, on a droit à des extraits des émissions en nomination. Dans un gala de musique, on a droit à des performances... musicales. Pourquoi dans ce Gala Les Olivier on n’a pas eu droit à des extraits des sketches, des capsules radio ou des spectacles gagnants ? Quand Billy Tellier gagne pour s’être moqué de la vie sexuelle de Valérie Roberts et Martin Juneau, j’aimerais ça que vous m’en fassiez jouer un extrait pour que je comprenne pourquoi c’est drôle. 

Une dernière remarque : en cette année où les personnes âgées ont été humiliées, négligées, rabaissées et décimées, était-ce vraiment pertinent de faire un segment au complet avec France Castel, Micheline Lanctôt et Jacques Lheureux pour ridiculiser les aînés ? 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Tout en finesse

Pour ceux qui n’ont pas vu le gala, hier, et qui se demandent quel était le niveau de langage, voici un résumé...

« Fuck », « anus », « roulé dans’ marde », « tu t’prends pas pour d’la marde », « mon show c’est d’la grosse marde », « criss », « un bol de marde », « montre nous ta graine », « fuck », « t’as le quota tight, tight, tight », « farme ta yeule ». 

Oui vraiment, on aurait pu sauter une année.