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Match reporté : une première en 23 ans pour le Tricolore

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Photo d'archives La ville de Montréal avait été paralysée par la tempête du siècle, entre le 3 et le 5 mars 1971.

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Les doigts d’une main. C’est pratiquement tout ce qu’il faut pour compter le nombre de fois où le Canadien a vu l’un de ses matchs annulé ou repoussé au cours de sa longue histoire vieille de plus d’un siècle. En fait, il ne faut qu’ajouter le pouce de la deuxième main. 

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Évidemment, puisqu’ils sont attribuables à une pandémie, le lien entre le report du match de lundi et l’interruption de la finale de la Coupe Stanley, entre le Canadien et les Metropolitans de Seattle, le 1er avril 1919, est facile à faire. 

Comme c’est le cas depuis un an, le monde tournait alors au ralenti en raison d’un virus contagieux et mortel. Des mesures sanitaires strictes avaient été prises pour éviter la propagation de la grippe espagnole. Parmi celles-ci, le port obligatoire du couvre-visage dans certaines métropoles, dont Seattle.

Malgré tout, au moment d’annuler la finale, sept des neuf joueurs du Canadien souffrent de l’influenza. Quatre d’entre eux seront hospitalisés, dont Joe Hall, qui décédera trois jours plus tard.

Au Forum en motoneige

Avec les rigoureuses tempêtes qui s’abattent sur la province année après année, il est surprenant de constater que les aléas de l’hiver n’ont pas causé davantage d’ajustements dans le calendrier.

La dernière en lice, la crise du verglas en janvier 1998, qui avait paralysé plusieurs régions du Québec. Le match du 10 janvier, contre les Rangers, avait été reporté parce qu’il était trop dangereux de circuler à Montréal.

Et le blizzard du 4 mars 1971, appelé la tempête du siècle en raison de 80 centimètres de neige qui s’étaient abattus sur l’est du Canada, avait forcé la LNH à remettre l’affrontement entre le Canadien et les Canucks de Vancouver au 9 mars suivant. 

Les rues étaient devenues si impraticables que voitures, camions et autobus étaient immobilisés par centaines dans les rues de la métropole. Aucune circulation possible, sauf en motoneige.

Les joueurs s’étaient organisés avec des garagistes et des motoneigistes qui les amèneraient à un métro. Jean Béliveau s’est rendu au métro Longueuil à pied et ensuite jusqu’au métro Atwater en face du Forum.

Pris dans le blizzard

En d’autres occasions, ce sont les adversaires du Canadien qui n’ont pu se rendre à temps.

Le 28 février 1984, une légère tempête avait soufflé sur Montréal. Le Canadien avait tenu sa séance d’entraînement matinale, mais les Whalers n’avaient pu quitter Hartford où la tempête avait sévi plus fort.

C’est en fouillant récemment dans des archives que Carl Lavigne, historien du Canadien, a découvert qu’une autre tempête avait déjà obligé les autorités du circuit à repousser un match du Tricolore.

« Le match que le Canadien devait jouer contre Ottawa, le 20 février 1924 à l’aréna Mont-Royal, avait dû être reporté au lendemain, car le train qui transportait les Senators avait été immobilisé entre Hawkesbury et Lachute en raison de l’accumulation de neige. Les joueurs des Sens avaient passé la nuit dans le train pour reprendre leur chemin le lendemain matin », a expliqué Lavigne à l’auteur de ces lignes.

Dans le tome 1 de son ouvrage The Trail of the Stanley Cup, publié en 1966, Charles Coleman raconte l’anecdote en ajoutant le détail suivant : « La foule est demeurée assise dans l’aréna du Mont-Royal pendant deux heures avant qu’il ne soit annoncé que le match serait joué le soir suivant. »

Lundi soir, il n’y a que quelques journalistes... et l’organiste Diane Bibaud qui ont dû rebrousser chemin.

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