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Caméra portative pour les policiers : un débat qui avorte

Caméra portative pour les policiers : un débat qui avorte
COURTOISIE/SERVICE DE POLICE DE LA VILLE DE MONTRÉAL

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Exigée par l’opposition municipale, l’implantation immédiate de caméras portatives sur les policiers SPVM a été reportée aux calendes grecques par l’administration de la Ville de Montréal. 

«C’est une administration qui rend le débat stérile», a dénoncé Abdelhaq Sari, conseiller de ville à Montréal-Nord, en marge du conseil municipal.

En février dernier, l’élu d’Ensemble Montréal avait déposé une motion demandant l’implantation immédiate de la mesure, motion dont l’étude avait été reportée au conseil municipal de mars.

Toutefois, fort de sa majorité, Projet Montréal a imposé des amendements qui «dénaturent complètement la motion», selon M. Sari.

La motion amendée, adoptée par la mairie, indique que «l’administration municipale poursuiv[ra] ses travaux avec le gouvernement du Québec pour solutionner les enjeux identifiés dans le projet pilote du SPVM et accélère[ra] le déploiement des caméras portatives au sein du corps de police.» Celle-ci demande également qu'une partie des sommes nécessaires soient financées par les gouvernements provincial et fédéral.

M. Sari rappelait que les événements de la dernière année, notamment l’arrestation récente de Mamadi III Fara Camara, montraient l’importance que peuvent avoir les caméras corporelles.

«C’est honteux que des villes comme Toronto, New York, Londres, Chicago, Calgary soient allées de l’avant, mais que nous, on a des prétextes qui ne veulent rien dire», s’est désolé M. Sari.

Du côté de Projet Montréal, on rappelait que le projet pilote mené en 2016 à ce sujet n’avait pas été concluant, selon le rapport qu’avait produit le SPVM trois ans plus tard.

En 2019, le SPVM concluait que l’expérience n’avait pas permis de démontrer sans équivoque que les caméras portatives favorisaient la transparence des interventions policières, et suscitait des questions en regard du respect de la vie privée des citoyens.

Pour Projet Montréal, les coûts importants et les problèmes technologiques évoqués empêchent donc l’implantation à court terme des caméras portatives.

«On ne peut pas faire fi de ces problèmes. Ce serait de foncer dans un mur que de faire comme s’ils n’existaient pas», s’est exclamée Caroline Bourgeois, responsable de la Sécurité publique au sein du comité exécutif de la Ville.

Pour l’opposition toutefois, les progrès technologiques réalisés depuis 2016 rendent ces arguments caducs.

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