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Censure: il est temps de riposter fermement

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Glenn Reynolds, professeur de droit à l’Université du Tennessee, vient de publier une très intéressante opinion dans le New York Post.

On fait disparaître un jouet, Monsieur Patate, parce qu’il incarnerait « la masculinité toxique ».

On fait disparaître un personnage de dessin animé, Pépé, une moufette, parce qu’il normaliserait « la culture du viol ».

On fait disparaître un livre parce qu’il contiendrait un mot « traumatisant ». 

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Riposter

Si on faisait un sondage, demande Reynolds, ces censures seraient approuvées par combien de gens ? 1 % ?

Qui a voté pour cela ? Aux urnes, ces revendications obtiendraient des scores risibles, même si on peut avoir l’impression contraire en lisant les commentateurs complaisants à l’endroit du wokisme. 

Non seulement l’immense majorité n’appuie pas ces censures, mais elle déteste aussi la mentalité de ces pseudo-justiciers. 

Pourtant, ces hurluberlus ultra-minoritaires obtiennent souvent gain de cause parce qu’ils intimident la majorité, comme le fait un « bully » de cour d’école.  

Ils tirent profit de la nature bienveillante et pacifique de l’immense majorité des gens, qui veulent la tranquillité, surtout pas de chicane, qui ne veulent pas que leurs enfants aux études se retrouvent dans le collimateur de ces excités.

Ces gens raisonnables font le dos rond, s’autocensurent, espèrent que ce n’est qu’une folie passagère.

Dans un affrontement entre un tolérant et un intolérant, l’intolérant part avec un énorme avantage psychologique : plier n’est pas une option. 

Staline aurait déjà dit quelque chose comme : ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous se négocie. 

Le moment n’est-il pas venu, demande Reynolds, de cesser de plier et de riposter avec fermeté ?

Riposter ne veut pas dire de faire subir à ces petits tyrans les méthodes abjectes qu’ils appliquent aux autres. 

Il ne s’agit pas d’exiger leur exclusion ou leur silence. 

Il s’agit plutôt d’attaquer frontalement leur atout le plus précieux : leur crédibilité morale.

Ces gens, dit Reynolds, se croient supérieurs et pensent que la justesse de leur croisade justifie leurs méthodes violentes.

Pour eux, la lutte aux « injustices » justifie de casser autant d’œufs que nécessaire.  

Cessons de les voir comme des idéalistes dont les bonnes intentions vont trop loin.

Ne tombons pas dans ce piège de leur donner le haut du pavé sur le plan moral.

Déshabillons-les. Démasquons-les. Enlevons-leur ce manteau de vertu. Refusons l’accommodement raisonnable ou la soumission au nom de leur prétendu idéalisme. 

Parlons-leur crûment. Disons-leur, disons à tous que leur comportement est abject, dangereux, détestable, condamnable.

Non !

Dans l’histoire de l’humanité, rappelle Reynolds, ce ne sont pas les gens bienveillants, authentiquement humanistes qui brûlaient des livres, censuraient des discours, exigeaient des congédiements. 

Ce furent des gens frustrés, égoïstes, psychologiquement rigides, dépourvus d’empathie et de générosité, souvent des mésadaptés sociaux, animés d’un esprit de revanche envers la société parce que leurs vies n’étaient pas ce qu’ils auraient voulu. 

Refusons que leurs frustrations empoisonnent nos vies. 

Relevons la tête et disons non fermement, autant de fois que ce sera nécessaire. 

Tout simplement.