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God save le Québec français!

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Si Dieu peut sauver la reine d’Angleterre, il pourrait sûrement faire quelque chose pour sauver le Québec français.

Notre pauvre Québec est bien malmené par les temps qui courent. En plus des sondages Léger et Léger qui confirment la perte de terrain du français à Montréal, je ne cesse de recevoir des courriels de lecteurs qui se plaignent d’entendre trop de chansons anglaises durant nos émissions de variétés. Ces indignés se plaignent aussi au collègue Hugo Dumas, de La Presse. Il en a fait état dans une chronique de la semaine dernière.

Star Académie n’en était qu’à mi-parcours lorsque Lara Fabian, la grande patronne, a lancé un coup de semonce à ses pupilles. Fini de chanter en anglais au moment de leur évaluation ! Elle avait bien raison la star belgo-canadienne, car depuis le 14 février, j’ai l’impression d’avoir entendu des académiciens plus de chansons en anglais que de chansons en français. Malheureusement, je n’ai pas fait le compte.

IL N’Y A PLUS QUE DES « TOUNES »

La remontrance de Lara a-t-elle changé quelque chose ? Dimanche soir, les trois candidats en danger, Guillaume, Maëva et Zara, ont tous chanté en anglais. La semaine précédente, Matt (Mathieu Michaud) avait pratiquement tissé la corde pour se pendre. Non seulement, il a chanté en français, mais il a interprété une de ses compositions. Le public l’a éliminé d’emblée. Heureusement qu’il a sauvé Lunou Zucchini. Exceptionnellement, elle avait interprété une chanson en français de Luc Plamondon, immortalisée par Diane Dufresne, Le parc Belmont.

Mes lecteurs auront sûrement compris que lorsque j’écris « chanson », je fais référence à ce que plus un seul chanteur ou un seul animateur ne nomme ainsi. Tous sans exception parlent désormais de « toune ». J’ai même entendu une animatrice de la radio présenter une « toune » de Mozart ! 

Comme à Star Académie, c’est surtout des chansons en anglais que l’on entend à l’émission En direct de l’univers à Radio-Canada. C’est l’autre variété que j’écoute religieusement chaque samedi, même si les constants éclats de rire de l’animatrice me tombent sur les nerfs. D’ailleurs, depuis quelques années, on rit beaucoup à la télévision et à la radio. On rit à gorge déployée, que ça soit drôle ou non.

LA JOURNÉE DE LA FRANCOPHONIE

Samedi, c’était la 20e journée internationale de la francophonie. En direct de l’univers l’a célébrée d’une étrange façon. Par le choix des vedettes invitées, Damien Robitaille et le groupe acadien Salesbarbes, par le choix des musiques et des chanteurs comme par les propos de l’animatrice, j’ai eu l’impression que la francophonie canadienne, c’était d’abord l’affaire des francophones hors Québec et que le Québec en faisait plus ou moins partie. 

J’ai eu la même impression, dimanche soir, à Star Académie. Lara Fabian a présenté un pot-pourri de chansons françaises pour évoquer la journée internationale de la francophonie, mais ce pot-pourri ne comportait aucune chanson québécoise. Comme si le Québec n’était pas partie prenante de la francophonie, comme si les chansons de Leclerc, Ferland, Dubois ou Léveillée ne pouvaient célébrer la francophonie tout autant que les chansons Made in France.

Au train où nos variétés télévisées font une place de plus en plus grande aux chansons en anglais, les jeunes générations de Québécois risquent fort de voir la francophonie uniquement comme un symbole. Un symbole qui n’aura pas plus d’importance dans leur vie que peut en avoir le Commonwealth. Sauront-ils seulement que la francophonie existe et que le Québec en fait partie ?